Dans un texte publié ce mercredi dans le journal Le Monde, le chef du parti Génération.s, Benoît Hamon, appelle la gauche "écologiste européenne, féministe, démocratique, fraternelle" à "recréer un horizon commun" contre "l'emprise négative des libéraux et des populistes." Avec, évidemment, Jean-Luc Mélenchon en tête.

Pour Benoît Hamon, "La gauche doit toujours préférer penser un monde d’avance plutôt que regretter le monde d’avant."
Pour Benoît Hamon, "La gauche doit toujours préférer penser un monde d’avance plutôt que regretter le monde d’avant." © Maxppp / Christophe Morin

Alors que Jean-Luc Mélenchon, chef de La France insoumise est en pleine tourmente, visé par deux enquêtes préliminaires portant sur des emplois présumés fictifs d'assistants au Parlement européen et sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2017, Benoît Hamon publie ce mercredi dans le journal Le Monde sa "Lettre aux orphelins d'une grande idée". 

Dans cette tribune, le leader de Génération.s dénonce le "cyclone de polémiques dérisoires" et s'adresse directement aux sympathisants de gauche pour leur demander de réagir : "Face à des élites obsolètes et décadentes, la gauche n’a pas seulement le devoir de lutter contre sa funeste fragmentation et ses picrocholines querelles. Elle a l’impérieuse mission de recréer l’espoir, de le faire revenir dans le cœur de notre peuple et de porter cette espérance au pouvoir."

Il est urgent de recréer un horizon commun

Un discours de mobilisation et de rassemblement alors que les élections européennes se profilent. Car Benoît Hamon le sait, il sera difficile de les remporter si la gauche est divisée. Et même s'il ne le cite jamais, l'allusion à Jean-Luc Mélenchon est évidente : un leader dont il estime qu'il ne fait pas l'unanimité, et dont le comportement lors des perquisitions menées au sein de son parti fait débat : "Ce qui est épars se rassemblera autour de valeurs et de combats communs, pas autour d’appareils ni de tribuns [...] La politique de tous les visages, et non d’un seul."

Une tribune qui s'inscrit dans une dynamique plus large : Benoît Hamon, comme d'autres personnalités de gauche, aimerait justement sortir de l'ombre de Jean-Luc Mélenchon. Car la réaction du chef des Insoumis fait des remous en interne. Début octobre, la députée LFI Clémentine Autain a vécu une réunion de groupe houleuse, après avoir signé un manifeste pour l’accueil des migrants rejeté par les autres députés du parti. De son côté, le député François Ruffin multiplie les interventions de terrain depuis les perquisitions visant l'actuel patron de la France insoumise, contrastant avec la large mobilisation des autres ténors du mouvement dénonçant des attaques purement politiques.

"Concitoyens désenchantés" de la gauche

Concernant l'écologie, Benoît Hamon l'affirme : "Portons une écologie à laquelle seule l’échelle européenne permettra d’être respectée. Une écologie clairement de gauche car incompatible avec le système libéral, où le profit l’emporte même sur notre survie. A nous d’inventer la grande gauche écologiste européenne qui gouvernera demain."

"Je sens l’urgence, chaque jour plus grande, qu’il y a à redonner espoir à nos concitoyens désenchantés par l’emprise négative des libéraux et des populistes", poursuit le chef de Génération.s avant de conclure : "Le temps est venu que la gauche écologiste européenne, féministe, démocratique, fraternelle, relève la tête."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.