L'ex-PS, défait à la présidentielle de 2017 et malheureuse tête de liste aux dernières européennes avec son mouvement Génération.s, lance un podcast mensuel pour penser "au monde d'après" et proposer "des solutions et des chemins toujours positifs".

Benoît Hamon va participer au podcast "Et si" en tant qu'"ex-homme politique".
Benoît Hamon va participer au podcast "Et si" en tant qu'"ex-homme politique". © AFP / Lucas Barioulet

On ne l'attendait pas là. Lundi, c'est sur les plateformes de podcasts qu'on a vu apparaître le nom de l'ancien candidat socialiste à la présidentielle : Benoît Hamon. En retrait de la vie politique depuis un an et son revers aux élections européennes, il incarne désormais "Et si", le "podcast 100 % anti-déprime, qui vous propose des solutions et des chemins toujours positifs", avec la journaliste Camille Maestracci. Une production mensuelle, pour laquelle l'homme politique avait proposé un "teasing" bien inspiré : on le voyait, entrain de se raser, à penser "au monde d'après".

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"On ne va pas vous proposer de remèdes miracles ni de solutions à tous vos problèmes mais on vous garantit un podcast qui étudie, questionne les idées qui nous laissent croire qu'un avenir plus durable, plus juste et plus solidaire est possible", explique de sa voix chaude, dans la bande annonce, l'ex-socialiste. "Changer de regard", "nouveau champ des possibles", "bousculer votre façon de penser la société", détaille encore Camille Maestracci à propos de "Et si". 

Un premier épisode sur "l'école autrement"

"Et si... l'école n'était jamais finie", interroge par exemple ce premier épisode qui prend la forme d'une discussion, d'une réflexion à la réalisation simpliste : deux micros, un invité, un habillage sonore pour rythmer le tout. Le thème n'est pas anodin pour celui qui fut, le temps de quelques mois, ministre de l’Éducation nationale sous Manuel Valls.

"Et si on continuait à aller à l'école après avoir eu nos diplômes, alors qu'on travaille, qu'on ne travaille plus... L'idée est d'envisager l'apprentissage pas seulement comme un moyen d'aller vers l'emploi mais revenir à l'origine de l'éducation, le but de l'école de la République qui étaient des objectifs d'émancipation, de liberté", introduit Camille Maestracci. L'épisode s’intéresse notamment à l'exemple danois des "skole" populaires, ouvertes à tous, à tout âge et à tout moment de la vie. "Une partie de ma famille est danoise et quand on y va l'été, une partie est à l'école parce qu'une fois l'école est finie, elle ne l'est pas... Cette société apprenante nous intéresse", raconte Benoît Hamon pour introduire le thème.

"Et si... l'école n'était jamais finie ?" Une question qui, quoi en dise, interroge, comme ce sera sans doute le cas dans les prochains épisodes : et si... "la nature avait droit a un avocat", "on mesurait la croissance du bien-être plutôt que celle du PIB", "on arrêtait de s'asseoir", "tout le monde allait chez le psy", "on travaillait seulement quatre jours par semaine".

Avenir politique ?

Ce premier opus a une conclusion politique. Hamon cite Jean Jaurès comme source d'inspiration d'un équivalent français au modèle danois. "Traditionnellement les marxistes vous disent que l'expérience détermine la conscience. C'est parce que je vais faire l'expérience de la domination notamment dans les usines dans le travail que je vais me construire une conscience politique qui va me permettre de vaincre cette oppression là. Jaurès, lui, dit que la conscience détermine l’existence. C'est parce que j'aurais appris, fréquenté les savoirs, que je me construirai une existence conforme à l'idée que l'on se fait d'un citoyen libre", cite Hamon. "Il insistait beaucoup sur l'école, l'épanouissement par les savoirs, l'émancipation par la connaissance... C'est l'une des clés à partir desquelles on peut améliorer la situation en France mais dans le monde entier", termine-t-il.

D'ailleurs, "et si" ce podcast permettait à Benoît Hamon de continuer à faire de la politique, d'une autre manière ? Aujourd'hui, l'ancien prétendant à la plus haute fonction de l'État a renoncé à être de nouveau candidat, tout comme il avait renoncé à récupérer son siège de député à Trappes (11e circonscription des Yvelines).

Toutefois, il n'est pas inerte : réconcilié avec Yannick Jadot, Hamon souffle aussi à l'oreille de Julien Bayou, le patron des écologistes, pour la prochaine campagne des élections régionales. Benoît Hamon, qui connaît aussi très bien les ficelles de la gauche, travaille sur les alliances et un possible rapprochement entre les Verts et son mouvement, Génération.s.