[scald=195989:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Bernard Tapie a reproché vendredi au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg d'avoir voulu l'empêcher de reprendre les quotidiens du groupe Hersant du sud de la France et a nié nourrir des ambitions politiques à Marseille.

Prié de dire, sur i> TELE, si l'Elysée avait tenté de s'opposer à son projet, l'homme d'affaires a répondu qu'il n'avait de certitude qu'à propos d'Arnaud Montebourg.

"Ce qui est certain, c'est que le cabinet du ministre (...) Montebourg était aux manettes. Son cabinet, directement, était à la manoeuvre", a-t-il affirmé.

"C'est d'ailleurs ça la vertu de M. Montebourg, c'est qu'il ne se cache pas, c'est un homme qui pense les choses, il les dit, il s'en vante", a-t-il ajouté.

Sur France 2, Bernard Tapie avait auparavant avancé que "tout l'appareil d'Etat" était prêt à favoriser la candidature rivale du groupe belge Rossel "en lui prêtant 50 millions d'euros".

Bernard Tapie a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une critique d'Arnaud Montebourg mais d'une conception différente de l'économie.

"Il a une vision de l'économie qui est entièrement dirigée, organisée, phagocytée. Ça n'a jamais marché et c'est pour ça qu'il a tort", a-t-il estimé.

"JE SUIS PASSÉ À AUTRE CHOSE"

Le retour de l'homme d'affaires est vu avec suspicion par la classe politique, qui a peine à croire qu'il ne s'en servira pas comme d'un tremplin pour la mairie de Marseille.

Mais l'ancien ministre de François Mitterrand, qui dit ne pas se reconnaître pas dans la "gauche de fonctionnaires" actuellement au pouvoir, a réaffirmé qu'il n'avait plus de visées politiques, à quinze mois des élections municipales.

"Non, parce que ce n'est plus le sujet, parce que je suis passé à autre chose", a-t-il dit.

"Si j'étais intéressé pour faire de la politique à Marseille, il y avait moins cher", a-t-il souligné sur France 2.

Jeudi, l'homme d'affaires a assuré aux responsables des titres n'avoir aucune intention de démanteler le groupe alors que des rumeurs lui prêtent l'intention de vendre Nice-Matin pour garder uniquement la Provence.

Les journalistes des deux titres lui réclamant des garanties sur la ligne éditoriale, Bernard Tapie a rétorqué qu'il en attendait également.

"Leurs inquiétudes, c'est de pouvoir faire leur boulot en toute liberté, indépendamment de tout pouvoir. Les miennes, c'est qu'ils ne disent pas de conneries, c'est qu'on n'écrive pas un truc sous prétexte qu'il y a un site qui le dit. On vérifie", a-t-il dit sur France 2.

Il a annoncé sur i> TELE la rédaction d'une charte qui sera rédigée en commun, précisant qu'il entendait que la distinction entre le commentaire et le fait soit respectée.

Selon une information de Challenges.fr, Patrick Le Lay, ancien président de TF1, aurait été choisi par Bernard Tapie pour diriger La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin.

Bernard Tapie a affirmé qu'il ne l'avait pas contacté à ce jour, mais que si Patrick Le Lay acceptait de lui "donner un coup de main", il en serait ravi.

Gérard Bon

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