par Khaled Yacoub Oweis et Erika Solomon

AMMAN/BEYROUTH (Reuters) - Le Comité international de la Croix-Rouge a réitéré mardi son appel à un cessez-le-feu immédiat en Syrie où d'intenses bombardements de l'armée ont tué au moins 21 personnes, à Homs, selon des opposants.

Des affrontements ont également éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Damas, la capitale, où quatre manifestants ont été blessés par balles, le régime de Bachar al Assad ne montrant aucun signe de fléchissement à l'approche de deux échéances cruciales, la réunion des "Amis de la Syrie" vendredi à Tunis et un référendum constitutionnel qu'il entend organiser dimanche.

Devant la poursuite des violences, le CICR a supplié les autorités syriennes et les combattants armés d'accepter une "suspension des combats" afin d'acheminer de l'aide humanitaire aux populations civiles les plus durement touchées.

"Cette pause (humanitaire) devrait durer au moins deux heures chaque jour afin que le personnel du CICR et les volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien aient suffisamment de temps pour acheminer l'aide humanitaire, et évacuer les blessés et les malades", a précisé le président du CICR, Jakob Kellenberger.

"Ces derniers jours, nous avons été en contact avec les autorités syriennes et les membres de l'opposition pour demander cette pause dans les combats", a-t-il ajouté.

A Homs, l'offensive militaire lancée il y a dix-huit jours ne semble devoir connaître aucune accalmie.

"L'Armée syrienne libre empêche l'armée de pénétrer dans Bab Amro. L'armée (gouvernementale) a riposté ce matin en tirant des obus de 130 mm qui ont frappé à l'aveuglette ce quartier", a déclaré un opposant.

Plus de 250 obus et roquettes se sont abattus sur le quartier depuis le début de la matinée, selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé à Londres. Les rues de Bab Amro sont survolées par des avions de l'armée de l'air en mission de reconnaissance, ajoute-t-on de même source.

NOUVELLES SANCTIONS EUROPÉENNES

Avançant un bilan de 21 corps retrouvés sous les décombres depuis le début de la journée, un autre activiste prévient que ce chiffre risque d'augmenter. "D'autres sont toujours enterrés (dans les ruines). Aujourd'hui, le bombardement est très féroce", dit-il.

Impuissante à mettre fin aux violences, divisée, la communauté internationale continue de chercher un moyen de sortir de la crise.

Lundi soir, le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a annoncé au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 au Mexique que l'Union européenne adopterait de nouvelles sanctions contre le régime de Bachar al Assad dans la semaine à venir, sans fournir de détails.

Son homologue américaine, Hillary Clinton, a exprimé de son côté l'espoir que la réunion des "Amis de la Syrie", vendredi à Tunis, permettrait d'accroître la pression sur Damas.

"Nous enverrons un message clair à la Russie, à la Chine et aux autres pays qui ne savent toujours pas comment faire face à l'aggravation de la violence, mais qui malheureusement font jusqu'à présent les mauvais choix", a dit la secrétaire d'Etat.

La Russie lui a répondu mardi qu'elle ne se joindrait pas aux "Amis de la Syrie" en déplorant que les seuls représentants syriens invités soient des opposants au régime.

"De ce fait, la réunion pourra difficilement contribuer au lancement d'un dialogue national entre Syriens dans le but de trouver des solutions à la crise intérieure", a estimé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, a néanmoins dit percevoir, lundi soir, des "signes d'une possible évolution de la position de la Russie et de la Chine", qui ont opposé leur veto à l'Onu au début du mois à un projet de résolution appelant au départ de Bachar al Assad.

La Chine a indiqué mardi ne pas avoir encore décidé si elle acceptait ou non l'invitation à la rencontre de Tunis.

Avec Dominic Evans et Mariam Karouny à Beyrouth, Shaimaa Fayed au Caire et Stephanie Nebehay à Genève; Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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