Chassé-croisé au sommet européen. David Cameron a fait ses adieux à Bruxelles, son homologue écossaise vient y défendre le maintien de son pays dans l'UE.

Nicola Sturgeon reçue par le président du Parlement européen Martin Schulz
Nicola Sturgeon reçue par le président du Parlement européen Martin Schulz © Reuters / Eric Vidal

Comme un avant-goût de l'Europe à 27. Pour la première fois, les dirigeants des pays de l'Union se sont retrouvés ce mercredi matin à Bruxelles sans le Royaume-Uni pour évoquer l'avenir du projet européen, ébranlé par le Brexit.

Si David Cameron a quitté la capitale européenne mardi soir, pour son dernier sommet européen, la première ministre écossaise Nicola Surgeon a effectué le trajet inverse.

"L'Ecosse est déterminée à rester au sein de l'Union européenne"

Elle n'est pas invitée à participer au sommet à proprement parler, mais elle rencontre deux des principaux dirigeants européens : le président du Parlement Martin Schulz puis celui de la Commission, Jean-Claude Juncker.

A l'issue de son entretien avec le premier, elle a réaffirmé que l'Ecosse était "déterminée à rester dans l'UE" face à un Martin Schulz qui dit avoir "écouté" ses propos.

Nicola Sturgeon, chef du parti indépendantiste SNP, s'appuie sur les résultats du référendum sur le Brexit en Ecosse, où le "non" au Brexit l'a largement emporté (62% des voix). Une sortie de l'UE serait "contre notre gré" et "démocratiquement inacceptable", annonçait-elle mardi lors d'un débat devant le Parlement d'Edimbourg.

L'Espagne ne veut pas traiter avec l'Ecosse

Néanmoins, personne ne sait vraiment si les traités et la constitution britannique permettront à l'Ecosse d'avoir son mot à dire. De plus, certains pays européens se montrent plutôt réticents à négocier avec Edimbourg. C'est ainsi que le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, confronté à la menace d'une indépendance avec la Catalogne, déclare ce mercredi que "si le Royaume-Uni part, l'Ecosse partira des institutions de l'UE".

"Pas de marché unique à la carte"

Pour l'heure, la priorité de l'Union européenne reste de gérer au mieux le divorce avec le Royaume-Uni. Mardi, les dirigeants des 27 pays ont accepté de donner un peu de temps à l'île pour déclencher formellement la procédure de sortie, le temps que "le calme revienne" (Donald Tusk, président du conseil européen), mais ils n'attendront pas "des mois" (Jean-Claude Juncker).

Le premier ministre britannique quitte le Conseil européen de Bruxelles
Le premier ministre britannique quitte le Conseil européen de Bruxelles © Reuters / Pascal Rossignol

Le président du conseil européen reste ferme vis-à-vis du Royaume-Uni : "il n'y aura pas de marché unique à la carte", prévient Donald Tusk, comme l'avait fait la veille la chancelière allemande Angela Merkel, envoyant une fin de non-recevoir à David Cameron qui évoquait une "réforme de la libre-circulation des personnes" en Europe pour permettre à son pays de rester proche de l'Union. Pas de liberté de circulation, pas de marché commun, a renchérit le président français François Hollande.

Le premier ministre britannique n'a, en revanche, pas cédé sur le calendrier. Il veut laisser le soin à son successeur d'enclencher la clause de retrait de son pays, le fameux article 50 du traité de Lisbonne.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.