Après la nomination d'Edouard Philippe à Matignon, deux nouvelles personnalités Les Républicains, mais deux seulement, rejoignent Bercy et ont été exclues de leur parti.

Bruno Le Maire et Gérald Darmanin à la tête de Bercy
Bruno Le Maire et Gérald Darmanin à la tête de Bercy © AFP / Guillaume Souvant et Charly Triballeau

A droite, on craignait qu'un Premier ministre issu de ses rangs, ne ne soit pas laissé "attraper" sans avoir négocié qu’au moins cinq ou six des siens le suivraient au gouvernement. On annonçait donc d’importantes "prises de guerre". Ce n’est pas ce qui s’est passé puisque deux ministres, seulement, arrivent directement de Les Républicains : Bruno Le Maire et le sarkozyste Gérald Darmanin.

Bruno Le Maire devient le ministre de l'Economie et Gérald Darmanin celui de l'Action et des Comptes publics.

Les élus Les Républicains ne cachent pas leur soulagement. "L'opération de débauchage massif n'a pas eu lieu" se félicite un député. "Ça n'est pas avec ça qu'Emmanuel Macron va casser la droite" renchérit un cadre du parti qui répète que le choix de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin est "personnel".

En toute logique, François Baroin, qui conduit Les Républicains pour les législatives, a "regretté" l'entrée des deux hommes au gouvernement, ce qui, selon les récentes règles édictés par le parti, les exclut de fait.

D'autres, qui espéraient voir plus des leurs au Gouvernement ont marqué leur déception. Rappelons que depuis lundi, 120 élus de la droite et du centre ont signé un appel à "répondre à la main tendue" par le nouveau président. Parmi les signataires figurent Thierry Solère, Benoist Apparu ou Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que le centriste Jean-Louis Borloo.

Ils ne sont que deux, mais ne sont pas venus pour rien…

Avec ce débauchage, Emmanuel Macron donne Bercy à la droite. Gérald Darmanin pilotera les comptes publics (budget) et sociaux (comptes de la Sécu) ainsi que la Fonction publique et la Réforme de l'Etat, un périmètre plus large que celui habituel du "Budget". Bruno Le Maire chapeautera l'économie, les finances, l'industrie, les services et la fiscalité.

Le choix d'Emmanuel Macron fait évidemment bondir la gauche qui n'imaginait visiblement pas l'économie à droite toute. Pour Karine Berger, député PS des Hautes-Alpes : c'est "la droite, toute la droite, rien que la droite" à Bercy...

Razzy Hammadi, porte-parole du Parti socialiste, regrette cette nomination et note que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, "vont être ceux qui vont tenir les cordons d'une bourse et d'une véritable politique d'austérité".

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