L'Assemblée nationale
L'Assemblée nationale © MaxPPP/Xavier de Torres

Les débats vont durer un mois et s’annoncent mouvementés : l'Assemblée entame ce lundi l'examen du projet de budget rectificatif 2014. Projet qui met en œuvre certaines orientations du pacte de responsabilité. Une partie des députés PS menace de ne pas le voter.

Deux gros morceaux pour se mettre en jambe : le projet de loi de finances rectificatif et le budget rectificatif de la Sécurité sociale. D'ici à la mi-juillet, le Parlement va être amené à adopter ces deux textes, prémices du pacte de responsabilité : 50 milliards d’euros à trouver d'ici à la fin du quinquennat. Mais les mesures d’économies prévues par le pacte et les avantages accordés aux entreprises par le gouvernement passent mal auprès d’une partie de la gauche. Si bien que la politique du PS est contestée jusque dans ses propres rangs. Des socialistes « frondeurs » ont ainsi déposé une quinzaine d’amendements pour mieux faire passer la pilule des 50 milliards d’euros d’économies.

Un groupe dans le groupe

Ils sont quelques dizaines. Au moins quarante et un, si l’on se fie à ceux qui se sont abstenu sur le programme de stabilité budgétaire. Des « frondeurs » qui aimeraient revenir à l’esprit des engagements pris par François Hollande en 2012. Les amendements déposés par la rébellion veulent limiter la sévérité du plan d’économie en proposant des alternatives : financement de nouveaux emplois aidés, baisse de l’impôt pour les sociétés qui ont recours à l’apprentissage ou pose de conditions au crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice). Des "frondeurs" qui ont dû boire du petit lait après les récents écrits de Valérie Rabault, rapporteur général au budget. Selon la députée citée par Les Echos, le plan d’économie d'économies "aurait un impact négatif sur la croissance de 0,7 % par an entre 2015 et 2017, et pourrait entraîner la suppression de 250.000 emplois à l'horizon 2017". Michel Sapin, ministre des Finances, relativise et parle de "calculs en chambre" trop théoriques.

Bruno Le Roux fâché tout rouge

Une crise interne qui a le don d’agacer de Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée.

Je n'accepte pas qu'il y ait une petite partie de députés qui décident de s'exonérer de toutes nos règles de fonctionnement. Pendant ce temps-là, on ne regarde pas la réalité de l'action que nous menons, mais le débat que nous générons en notre propre sein.

Bruno Le Roux parle de "quelques parlementaires" qu’il oppose aux 250 députés qui « assument avec courage la politique et la discutent avec le gouvernement".

Hier, Manuel Valls, en déplacement à Trèbes près de Carcassonne a aussi appelé sa majorité à la "loyauté" lors d’un repas champêtre avec plusieurs centaines de militants. Le Premier Ministre a battu le rappel de troupes, jusque sur les réseaux sociaux.

Sauf séisme, les socialistes récalcitrants n’iront pas jusqu’à voter contre ces textes. Ils pourraient toutefois cocher la case abstention. Les écologistes et le Front de gauche espèrent pouvoir tirer partie de la situation. Le budget rectificatif est aussi étrillé par l'UMP et l'UDI qui prédisent que le déficit ne sera pas réduit autant qu'annoncé. La droite les baisse d'impôts ne suffisent pas.

C'est l'avis de Gilles Carrez, député UMP et président de la commission des Finances de l'Assemblée

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