jean-Luc Mélenchon et cécile Duflot en 2009
jean-Luc Mélenchon et cécile Duflot en 2009 © MaxPPP / François Lafite

L'heure est au "remue-méninges" cette rentrée, et avant tout au parti de gauche. Depuis sa création, la formation de Jean-Luc Mélenchon organise près de Grenoble ses universités sous ce vocable. Cette année, ces quatre jours de formations et de débats se déroulent dans un contexte interne particulier. Ces rencontres militantes font suite, en effet, à une année électorale en demi-teinte pour le PG. S'il a réussi à entrer dans certains conseils municipaux (comme à Grenoble où la première adjointe est la co-fondatrice du mouvement Elisa Martin), il a enregistré aussi un score décevant lors des élections européennes avec 8,57% des suffrages, quand le front national dominait avec ses 25%. Jean-Luc Mélenchon était apparu très affecté, prêt à prendre du champs à la tête de son parti:

J'aspire à ce que le niveau de pression sur moi baisse. Ca fait cinq ans que ça dure et ce n'est pas bon. On finit par ne plus raisonner aussi tranquillement qu'on le devrait. (...) Maintenant, il y a plusieurs visages qui ont émergé à l'intérieur du Parti de gauche. Il faut qu'ils aient leur espace politique.

Qui pourrait le remplacer ou en tout cas se mettre sur le devant de la scène et des discussions ?

Les explications de Nasser Madji dans le journal de 13 heures de Patrick Boyer :

La réponse sera sans doute régler en interne. Comme France Inter l'annonçait ce vendredi matin, Jean-Luc Mélenchon n'ira sûrement pas le 6 septembre prochain à la réunion de la dernière chance sur l'avenir du Front de Gauche. Un membre de son entourage déclarait d'ailleurs :

Il n'a plus rien à gagner à aller s'engueuler avec les communistes

Des Verts divisés

Alors qui ? Qui pour assurer la contestation à gauche du gouvernement Valls et de la politique de François Hollande, et tenter d'en prendre le leadership ? Et si les Verts occupaient le terrain ? La formation écologiste anime ses universités d'été jusqu'à samedi à Bordeaux. Le livre brûlot de Cécile Duflot, ancien membre du gouvernement Ayrault, est dans toutes les discussions ou presque. Dans ce témoignage au titre évocateur - "De l'intérieur, voyage au pays de la désillusion" - l'ex ministre du logement s'attaque violemment au chef de l'État socialiste, dont elle dénonce notamment le caractère indécis: "A force d'avoir voulu être le président de tous, il n'a su être le président de personne". Mais peut-elle s'imposer comme un nouveau Mélenchon ? Pas si simple. Ce vendredi, Jean-Vincent Placé citait à nouveau ce sondage du mois d'avril, quelques semaines après la sortie du gouvernement des deux ministres écologistes. Ou en tout cas leur "non participation" au gouvernement Valls. Le chef des sénateurs écologistes déclarait :

Entre 85 et 92% des sympathisants EELV ne comprennent pas notre sortie du gouvernement

Autant dire que Cécile Duflot est loin de faire l'unanimité au sein de son propre mouvement. Ce jeudi, plusieurs cadres -en tête les deux députés Denis Baupin et Stéphane Gatignon ont rendu public un texte très critique sur la non participation au gouvernement et intitulé "Utiles! redonner l'espoir par une écologie responsable et solidaire".La députée européenne Karima Delli refuse de prendre parti mais n'en exprime pas moins ses regrets :

Je suis fâchée parce que ce sont les 40 ans de l'écologie politique, qu'on est à la veille d'un sommet climatique, que les Français sont dans l'écologie et on leur donne l'image d'un parti asphyxié

Le souvenir des municipales

En attendant les Verts et le Parti de gauche sont sur la même estrade ce week-end à Grenoble. Jean-Luc Mélenchon participera aux cérémonies du 70è anniversaire de la libération de la capitale des Alpes. Il sera aux cotés d'Eric Piolle. Le nouveau maire a été élu aux municipales de mars dernier à la tête d'une "liste citoyenne" réunissant notamment EELV et le PG. Mais le "Remue-méninges" du mouvement de Mélenchon se déroulera bien sans les communistes cette rentrée. Les désaccords entre les deux principales formations du Front de gauche se font de plus en plus profonds.

Les communistes à la Rochelle : "une erreur"

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a lui préféré participer à l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle. Jean-Luc Mélenchon, dans un entretien au Dauphiné Libéré de jeudi considérait cette visite en terre socialiste comme "une erreur". Et puis ce vendredi matin, loin de la Gironde, Olivier Besancenot donné a aussi donné de la voix pour évoquer l'avenir de la gauche. Sur Europe 1, le leader du Nouveau parti anticapitaliste appelait à "un contrat social" pour lutter contre "la politique de merde" (sic) du parti socialiste.

Dans l'attente de réponse de formations de gauche, opposées à la politique du gouvernement, il donnait au moins un rendez-vous à court terme :

Qu'on arrive à faire en sorte qu'il y ait une mobilisation massive au moment du vote du budget, fin octobre

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