La société Bygmalion était chargée de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012
La société Bygmalion était chargée de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 © maxppp

Alors qu'une information judiciaire visant Nicolas Sarkozy a été ouverte lundi dans le dossier de ses pénalités pour dépassement des comptes de campagne 2012, prises en charge par l'UMP, les enquêteurs s'intéressent à un premier système de fausses factures mis en place dès la fin 2011.

L'information judiciaire visant Nicolas Sarkozy, qui va entraîner la désignation d'au moins un juge d'instruction, fait suite à une enquête préliminaire ouverte cet été après des révélations des commissaires aux comptes de l'UMP concernant ces pénalités. En juillet 2013, le Conseil constitutionnel avait estimé que l'ex-chef de l'Etat devait restituer au Trésor public une avance forfaitaire de 150.000 euros versée pour sa campagne présidentielle et payer 363.615 euros d'amende pour le dépassement du plafond légal des dépenses. Mais c'est l'UMP qui a pris en charge cette pénalité.

Event & Cie avant Bygmalion

Le JDD a révélé dimanche que les enquêteurs sont sur la piste d'un premier système qui ressemble beaucoup à des fausses factures. Elles auraient été mises en place à l'UMP dès la fin de 2011, et concerneraient les comptes es du parti. Les enquêters sont tombés sur ette nouvelle "affaire dans l'affaire" en comparant les factures émises par Event & Cie (une filiale de Bygmalion) et les mêmes factures réglées par l'UMP. Le JDD cite, par exemple, la facture pour l'organisation du conseil national de l'UMP d'un montant de 500 000 euros, présentée en janvier 2012 par Event & Cie, finalement réglée par l'UMP pour 800 000 euros. Et les enquêteurs ont remarqué des diifférences sur une douzaine d'autres factures datant de début 2012.

Le JDD cite Franck Attal, l'ex-patron de la filiale événementielle Event & Cie, mis en examen pour faux et usage de faux. Il aurait expliqué lors de sa garde à vue que l'UMP avait dépassé son budget communication en 2011 et avait voulu reporter certains coûts sur des factures de 2012.

Les magistrats du pôle financier de Paris - qui soupçonnent donc Bygmalion et Event & Cie d'avoir participé à un système de fausse facturation dont le but aurait été de maquiller le compte de campagne de Nicolas Sarkozy afin qu'il ne dépasse pas le plafond autorisé par le Conseil constitutionnel- soupçonnent maintenant qu'Event and Cie n'aurait pas été choisi au hasard par les organisateurs de la campagne, compte tenu de l'existence de factures suspectes datant du début 2012.

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