Nicolas Sarkozy était l’invité de la première de "L’Émission politique" sur France 2. Retour sur trois points soulevés par l’ex-chef de l’État, candidat à la primaire de droite.

David Pujadas, Léa Salamé et Nicolas Sarkozy sur le plateau de la première Émission Politique
David Pujadas, Léa Salamé et Nicolas Sarkozy sur le plateau de la première Émission Politique © AFP / Thomas SAMSON / AFP

Lors de son intervention sur le plateau de "L’Émission politique", Nicolas Sarkozy a abordé plusieurs dossiers. Recadrage en trois points.

Le juge a refusé de me mettre en examen pour les délits commis par les dirigeants de Bygmalion

  • VRAI : Nicolas Sarkozy n'est pas poursuivi pour avoir initié ou validé les fausses factures. "On pouvait être convaincu qu'il avait connaissance du système de fraude", écrit le procureur dans son réquisitoire, mais personne n'a pas pu le prouver.
  • Ce que dit exactement le réquisitoire : "On pouvait certes être convaincu qu'il avait connaissance du système de fraude mis en place par ses équipes", notamment "compte tenu de sa formation et de sa très grande expérience en matière de campagne électorale" mais "force était de constater que sous cet angle, cette conviction n'était pas suffisamment étayée sur le plan probatoire, puisqu'aucun élément matériel ou déclaration au dossier n'indiquait qu'il avait été informé des moyens de dissimulation employés".

[Dans l'affaire Bygmalion], j'ai été lavé de toute accusation mettant en cause ma probité

  • FAUX (comme le fait de dire qu'il ne serait mis en examen que pour un délit "formel") : le candidat Sarkozy a dépensé en 2012 deux fois plus que le plafond autorisé. Les experts-comptables ont très vite tiré la sonnette d'alarme et, pour le ministère public, Nicolas Sarkozy a "donné, en toute connaissance de cause, des instructions en faveur d'une augmentation des dépenses".
  • Ce que dit exactement le réquisitoire : "Il était démontré qu'il avait donné, en connaissance de cause, des instructions en faveur d'une augmentation des dépenses au mépris des recommandations contraires des experts-comptables dont il avait eu pleinement connaissance". Rappelons que l'ancien président conteste chacun de ces points et que ce sera sans doute au tribunal correctionnel de Paris de juger.

A quoi sert-il de faire des fichiers S (...) si on n'en fait rien, on ne les examine pas, on ne les interroge pas, on ne les met pas en rétention ?

  • INAPPLICABLE : Une fiche S est un outil de renseignement, qui demande à tous les services de police de faire remonter les informations si la personne apparaît sur leurs radars, même pour un délit routier ou un contrôle d'identité. Cela permet de savoir où elle est, ce qu'elle fait, et avec qui : pour être utile, il ne faut donc pas alerter la personne concernée. Si le renseignement intérieur découvre des éléments suspects, il peut intensifier la surveillance et, le moment venu, décider avec le procureur d'ouvrir une enquête judiciaire qui peut déboucher très rapidement – on l'a vu ces dernières semaines – sur une garde à vue, une mise en examen et une incarcération. Mais peut-on mettre en rétention quelqu'un qui n'a rien fait, qui n'a pas envisagé de commettre un attentat, pas prévu de partir en Syrie ? La réponse est non. Le Conseil d'État s'est prononcé clairement, en tous cas, pas dans le cadre de l'État de droit.
  • Ce qui est prévu à l'heure actuelle pour les fichés S jugés les plus dangereux : Une assignation en résidence. Ils sont encore près de 80, avec plusieurs pointages par jour au commissariat. L'un d'eux a pris la fuite la semaine dernière entre deux pointages. Ce n'est pas aussi étanche que d'enfermer la personne, mais c'est déjà une grosse restriction de liberté, sans aucun indice ou preuve qui tiendrait devant la justice.

Nous devons absolument revenir de 57,5% de dépenses publiques à 50%. C'est un effort considérable de 100 milliards d'euros que nous devons faire, nous n'avons pas le choix.

Nicolas Sarkozy évoque sur le plateau de l'émission un problème prioritaire pour la France, le niveau – trop élevé – des dépenses publiques. En abaissant ainsi ces dépenses de 57,5% à 50% du PIB, il propose une économie immédiate de 100 milliards d'euros. Sur Twitter, le recadrage de Christian Eckert, secrétaire d'État chargé du Budget, est immédiat.

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