La présidente du RN a expliqué sur franceinfo qu'Emmanuel Macron devrait "partir s'il perd" aux élections européennes. Marine Le Pen réagissait aux propos du président de la République qui a déclaré, ce jeudi, qu'il mettrait "toute (son) énergie" pour faire en sorte que le RN "ne soit pas en tête".

Marine Le Pen estime qu'en s'impliquant dans la campagne, Emmanuel Macron "transforme volontairement cette élection européenne en référendum pour ou contre lui".
Marine Le Pen estime qu'en s'impliquant dans la campagne, Emmanuel Macron "transforme volontairement cette élection européenne en référendum pour ou contre lui". © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

"Marine perd les pédales, reconnaît un élu régional. Exactement comme dans le débat de l’entre-deux tours." Ce jeudi, sur franceinfo, la présidente du Rassemblement national (RN) a réagi aux déclarations d'Emmanuel Macron à l'issue du sommet européen de Sibiu. Le président de la République voulant mettre "toute son énergie" pour que le RN ne soit pas en tête aux élections européennes du 26 mai, Marine Le Pen estime qu'il "transforme donc volontairement de ce son fait cette élection en référendum contre lui". La patronne du RN pour suit : 

Dans ces conditions, il faudra qu'il ait la hauteur, l'honnêteté et la dignité qu'a eu le général de Gaulle et il devra partir si effectivement il perd cette élection européenne

"Pas sérieux"

"C’est complètement stupide, ajoute une autre élue RN. Ça montre encore une fois son amateurisme, ses limites. Aucun parti de gouvernement n’appelle le président à démissionner." En effet, les élus LR ou PS se contentent toujours de demander la tête d'un ministre. Et même, en 1997, après la dissolution de l'Assemblée, et la cinglante défaite aux législatives pour le RPR, personne n'avait demandé la démission du président Chirac. 

"C’est un fusil à un coup, et il aurait fallu le sortir au bon moment", estime un membre du Bureau national du RN. "On ne parle quand même pas d'une crise majeure : si Macron est deuxième avec 22%, et nous en tête avec 23%, il démissionne ? Ce n'est pas sérieux." Même en pleine crise des "gilets jaunes" cet hiver, quand les manifestants réclamaient son départ, Marine Le Pen proposait, elle, une dissolution de l'Assemblée nationale. 

"Faire monter les enchères"

Selon Thierry Mariani, numéro 3 de la liste RN, au contraire, c'est une "réplique logique" : "Les gros sabots, c'est Macron qui les utilise", tempère-t-il. "Il ose nous désigner comme les ennemis à combattre depuis un sommet européen en Roumanie, c'est la suite logique, Marine n'allait pas se laisser faire." "Elle a eu raison de saisir cette occasion pour bien installer le duel à deux semaines du scrutin", ajoute un stratège.

Un duel qui exaspère en interne : "Je déplore cette sorte de hold-up, ce match à deux qui va priver les Français de débats de fond", a réagi Hervé Juvin, candidat sur la liste du RN, en cinquième position, chez nos confrères de Public Sénat.

Les opposants à Marine Le Pen jouent, eux, au boomerang. "Si à chaque fois qu’elle avait perdu une élection, elle avait quitté la vie politique, on en serait débarrassé depuis longtemps", s’amuse le député LREM, Benjamin Griveaux. "Marine Le Pen aurait dû avoir la dignité du général de Gaulle, comme elle le dit elle-même, c'est-à-dire après sa cinglante défaite en 2017 face à Emmanuel Macron, de quitter la politique", a ajouté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.