Parmi les quatre grands thèmes retenus par le chef de l'État : celui de la démocratie et de la citoyenneté. Comment ramener les Français vers les urnes ? Comment les associer à la décision ? Comment rétablir la confiance envers les politiques ? Un certain nombre de citoyens est avant-gardiste en la matière.

Charlotte Marchandise était arrivée en tête à LaPrimaire.org, la primaire citoyenne
Charlotte Marchandise était arrivée en tête à LaPrimaire.org, la primaire citoyenne © Maxppp / Marc Ollivier

Le collectif qui a organisé et participé à "laprimaire.org", pour désigner un candidat à l'élection présidentielle issu de la société civile en 2017, fourmille encore de propositions. Charlotte Marchandise avait été désignée grâce à un système de jugement majoritaire. Elle n'a ensuite pas obtenu les 500 signatures légales d'élus pour être candidate jusqu'au bout.

Cette quadragénaire est aujourd'hui adjointe au maire de Rennes, chargée des questions de santé publique. Sans étiquette politique, mais pas sans solutions de démocratie participative, donc. Paradoxalement, elle s'est d'ailleurs engagée en politique parce qu'elle en avait une piètre image. Des outils, à ses yeux, il en existe pas mal... Et pas seulement le RIC  - ce fameux référendum d'initiative citoyenne, brandi par un certain nombre de gilets jaunes -. Et possiblement poussé par des groupes de pression. "Le jugement majoritaire permet de ne pas voter pour une personne ou une idée, mais d'évaluer toute une série de programmes ou propositions. Il évite le côté extrême, le vote de colère. Chacun peut donner un avis beaucoup plus nuancé. Cela fait sortir les réelles opinions de la majorité". Avec le jugement majoritaire, les propositions sont listées et notées, classées après vote par ordre de popularité. Utilisé à l'issue du grand débat national, ça pourrait dégager ainsi des actions prioritaires par exemple. 

Autre outil : le tirage au sort de citoyens. Mais il faut les indemniser et les accompagner pour responsabiliser tout un chacun sur la vie démocratique et le processus de décision. Car pour Charlotte Marchandise, si le débat est complexe, avec des mots technocratiques et que "je ne comprends pas de quoi il s'agit, comment voulez-vous que je me sente légitime à aller participer ? Au lieu de dire : Ah, les gens ne participent pas, il faut leur demander de quoi ils ont besoin pour se responsabiliser". Selon elle ils ont probablement besoin de temps, de garde d'enfants, d'indemnisation de journées de travail perdues. Sur le principe de la participation à une cour d'assises.

Charlotte Marchandise participera vraisemblablement au débat national, avec un collectif de lobbyistes citoyens, et plutôt comme facilitatrice auprès de publics en manque de légitimité pour donner leur avis.

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