[scald=103745:sdl_editor_representation]par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La crédibilité de Nicolas Sarkozy sur la fiscalité est nulle, estime le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, responsable budget, finances et fiscalité de la campagne de François Hollande.

Dans un entretien accordé mardi à Reuters, il souligne la quasi-impossibilité de distinguer "exilés" fiscaux et expatriés, il rappelle l'échec du "bouclier fiscal" qui visait justement à décourager les départs, et constate que le gouvernement s'était opposé à une de ses propositions relevant du même esprit.

Nicolas Sarkozy a promis lundi d'imposer les revenus du capital des "exilés" fiscaux, sans modifier la fiscalité des expatriés.

"Depuis cinq ans, le candidat sortant a fait preuve de politiques tellement erratiques que sa crédibilité en la matière est nulle", déclare Jérôme Cahuzac.

"Il propose aujourd'hui ce qu'il a demandé aux autres de refuser. Il ne sait pas comment on distinguera les exilés fiscaux des expatriés. Il a fait le bouclier fiscal pour que ces exilés reviennent, et personne n'est revenu."

De plus, ajoute-t-il, "Nicolas Sarkozy a demandé à son gouvernement de faire voter une 'exit tax' qui, pour entrer en vigueur, nécessite des décrets qui ne sont toujours pas pris".

Entre exilés fiscaux et expatriés, "comment fait-on la différence ?", s'interroge Jérôme Cahuzac. "L'ami de monsieur Sarkozy Johnny Hallyday est-il un exilé ou un expatrié ?"

"PUR EFFET D'ANNONCE"

Le député socialiste ajoute qu'il avait proposé pour la loi de finances 2011 une mesure visant à imposer tous les expatriés dont le revenu annuel était supérieur à 200.000 euros.

"Cette mesure avait été récusée de manière très forte et violente par le gouvernement et par la majorité UMP."

L'annonce de lundi, "si j'ai bien compris les déclarations du candidat sortant, vise à transformer radicalement le principe de notre droit fiscal qui repose sur la territorialité et pas sur la nationalité", ajoute Jérôme Cahuzac.

"Or, autant je crois possible de réviser les conventions fiscales avec trois pays - la Belgique, le Luxembourg et la Suisse - autant les réviser toutes comme le propose le candidat sortant me paraît relever du pur effet d'annonce sensationnelle et certainement pas du réalisme nécessaire."

Plus largement estime Jérôme Cahuzac, "sur les impôts nouveaux que le vainqueur quel qu'il soit devra demander aux Français, le candidat sortant ne dit pas la vérité".

Edité par Patrick Vignal

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