Décédé à 83 ans dans la nuit de mardi à mercredi, Henrik de Danemark (né Henri Marie Jean André de Laborde de Monpezat) était un véritable personnage, qui a fait forte impression dans son pays d'adoption. Un pays qui n'a pas toujours été tendre avec "le Français", malgré son mariage avec la très aimée reine Margrethe.

Le prince consort Henrik et la reine Margrethe en janvier 2006
Le prince consort Henrik et la reine Margrethe en janvier 2006 © AFP / RoyalPress Nieboer

Il n'était plus français (sauf pour les Danois)

Né à Talence, près de Bordeaux, en 1934, il épouse 33 ans plus tard Margrethe, alors héritière de la couronne danoise. Et doit alors renoncer à tout ce qui le rattache à la France : il change de prénom (passant de Henri à Henrik), abandonne la nationalité française pour la nationalité danoise, et se convertit même au protestantisme.

Mais pour les sujets de sa femme, il restera pendant très longtemps "le Français". Une situation qu'il disait avoir mal vécue : "Tout ce que je faisais était critiqué. Mon danois était bancal. Je préférais le vin à la bière, les chaussettes en soie aux chaussettes en tricot, les Citroën aux Volvo, le tennis au football". Il sera toute sa vie un sujet de controverses dans le pays.

Il n'a jamais été roi

Lorsque sa femme est couronnée en janvier 1972, il ne devient pas roi, un titre qu'il convoitait pourtant. La souveraine lui accordera cependant officiellement le titre de "prince consort" (le seul de l'Histoire, avec le prince Albert, mari de la reine Victoria). Là encore, la pilule passe difficilement. "C'est très dur pour un homme de ne pas être considéré sur le même plan que son épouse", regrettait-il dans ses mémoires en 1997.

Il est rancunier par-delà la tombe

Le prince Henrik n'a jamais caché aux sujets danois qu'il vivait mal son statut officiel. En 1997, il a ainsi réussi à sortir très brièvement de l'ombre de sa reine (malade) pour la remplacer lors d'une visite... au Groenland. Mais en 2002, alors qu'il pensait la remplacer également pour la lecture des vœux (la reine Margrethe était grippée), c'est son fils qui est envoyé à sa place. La reine et ses deux fils avaient dû se rendre en personne au château de Caïx, dans le Lot, où il s'était retiré suite à cet épisode, pour lui présenter leurs excuses.

L'été dernier, il avait fait savoir à tous qu'il refusait d'être inhumé avec sa femme dans la nécropole royale de la cathédrale de Roskilde (une tradition pour les couples royaux). Pour lui, s'il n'était pas son égal dans la vie, il n'avait aucune raison de l'être dans la mort.

Il a traduit Simone de Beauvoir

Lui-même auteur de recueils de poésie, le prince Henrik s'est également attaqué avec son épouse, en 1981, à la traduction de l'ouvrage "Tous les hommes sont mortels" de Simone de Beauvoir. Elle y raconte justement la triste vie d'un prince toscan devenu immortel.

Il produisait un excellent cahors

En 1975, le couple royal achète le château de Caïx, demeure royale mais aussi domaine viticole. Le domaine produit notamment un rouge puissant qui, paraît-il, accompagne délicieusement le pâté de lapin à l'ail.

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