François Hollande lors de sa cinquième conférence de presse
François Hollande lors de sa cinquième conférence de presse © Maxppp / Yoan Valat

Initiative Franco-allemande sur l’Ukraine, rôle de la France dans la crise grecque, la cinquième conférence de presse de François Hollande, face aux journalistes français et étrangers, s'est concentré sur les annonces internationales, mais aussi sur les leçons à tirer des "évènements de janvier 2015 qui ont marqué la France".

En Ukraine, nous sommes dans une guerre qui peut être totale

Le Président français a annoncé son départ, ce jeudi après-midi pour Kiev en compagnie d’Angela Merkel pour Moscou vendredi : "Nous ferons une nouvelle proposition de règlement du conflit et nous irons la discuter avec le président Porochenko et vendredi avec le président russe. Si nous échouons, on dira que la France et l’Allemagne on fait ensemble tout ce qu’elles pouvaient pour réussir".

Hollande: France et Allemagne pèsent "partout dans le monde" quand elles sont unies

Le président a salué le "lien fort" entre la France et l'Allemagne, estimant que les deux pays ont la capacité de peser "partout dans le monde" quand ils sont "unis".

La France doit être à l’initiative

François Hollande revendique l'implication de notre pays, mais il rappelle que, si "on l'appelle partout, elle peut pas être la seule puissance du monde à agir" au Mali, au Sahel, dans la coalition contre l’organisation terroriste Etat Islamique. S’adressant à la communauté internationale, le Président s’est exclamé : " Faites votre travail, ne faites pas la leçon, faites l’action".

"L'austérité à tout jamais n'est une solution ni pour les Grecs ni pour les autres"

En Grèce la France est à l’initiative, selon le Président. Là aussi "le rôle de la France, c'est de trouver une solution" après le rejet de l’austérité par le peuple grec. François Hollande veut respecter le vote du peuple, mais aussi des règles européennes et des engagements pris par Athènes. La décision de la BCE pousse les grecs et les européens à se mettre autour de la table, a précisé le Président.

La BCE a pris une décision, elle renvoie sur les États, sur les gouvernements, les responsabilités. Et c'est bien légitime. Je suis très attaché à la zone euro mais je suis aussi très conscient que l'austérité à tout jamais, comme ligne d'horizon, ne peut pas être une solution ni pour les Grecs, ni pour les Européens.

François Hollande a indiqué avoir recommandé au Premier ministre grec Alexis Tsipras d'aller voir la chancelière allemande Angela Merkel, qui le recevra. "Le recevoir, c'est bien le moins".

"Je dois prolonger l'esprit de janvier 2015"

Notant que la conférence de presse se tient un mois après des « évènements qui ont marqué la France » le Président a déclaré que la France sera "intraitable, implacable" face à la menace terroriste, tout en préservant de façon "irréprochable" les libertés publiques.

La France a été attaquée dans ce qu'elle avait de plus sacré : la liberté d'expression, la République, et l'égalité humaine. La France a su réagir avec dignité et fierté. Les terroristes voulaient la mettre à genoux : elle a fait face. L'esprit de janvier 2015, c'est l'unité de la République.

Pour François Hollande, "La laïcité n'est pas négociable car elle nous permet de vivre ensemble, la laïcité doit être comprise pour ce qu’elle est : la liberté des religions. […] C’est une garantie contre les intolérances, elle doit s’apprendre à l’école tout au long de la scolarité. C’est la séparation de l’Etat et les cultes, n’est pas leur ignorance. "

Le Président veut que la laïcité s’apprenne à l’école tout au long de la scolarité. L’école qui devra donner aux enfants la maitrise du français dès la maternelle.

Egalité entre les territoires

Après avoir constaté l’échec actuel, la discrimination, le chômage, François Hollande a annoncé la création d’une Agence pour le développement économique sur les territoires.

"Je propose un nouveau contrat civique"

Le Président a également annoncé la création, dès le 1er juin, d'un "contrat civique" de huit mois pour les moins de 25 ans, un "service universel pour les jeunes" et la création d'une "réserve citoyenne pour tous les Français".

Notre responsabilité, c'est l'engagement civique. Les Français l'ont montré, ils ont un amour intact pour la République, une envie profonde d'être utile et de servir le bien commun. Je propose donc un nouveau contrat civique, avec un service universel pour les jeunes, et la création d'une réserve citoyenne pour tous les Français, et le renforcement de la démocratie participative.

"Quand les français savent se réunir autour de la République, ils savent ce qu’ils ont à faire "

Interrogé sur le deuxième tour de la législative partielle du Doubs et sur le ni-ni choisi par l’UMP qui n’a pas de candidat au second tour, François Hollande, après avoir rappelé qu’il est le chef de l’Etat et pas un chef de parti, a tout de même rappelé qu’il s’était trouvé à la place de Nicolas Sarkozy en 2002, lorsque Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen se sont retrouvés au deuxième tour de la Présidentielle.

Entre " le candidat de l’extrême droite ou de la droite républicaine, ais-je hésité une seule seconde", s’est écrié François Hollande, "le parti que je représentais a-t-il tergiversé une seule minute ?" Précisant ensuite que s’il n’était "pas là pour faire la leçon", il pensait tout de même que les électeurs remarquer que "s’il y a des partis qui sont dans la république, tous les parti n’adhérent pas à toutes les valeurs de la République".

"J’ai changé"

Revenant à nouveau sur les leçons à tirer du 11 janvier, François Hollande a confié qu'il avait "changé" à la suite de ces évènements, "ils vous transforment". Des évènements qui ont aussi changé notre pays, pense-t-il, "même s’il ne le sait pas encore".

C’est ce qui a décidé François Hollande a donner une nouvelle orientation à la suite de son quinquennat : "Je me suis donné la mission d‘unité de réconciliation, non pas autour de valeurs vides de sens mais autour de l’égalité, et de la justice". Pour ce faire, le Président veut agir : "sur l’école, l’égalité des territoires, sur la capacité de notre pays pour un meilleur accès aux soins, et la nécessité pour les plus jeunes l’accès à l’entreprise, au numérique".

Pour le Président, les français eux-mêmes ont remarqué qu'ils sont capables de "se lever" pour d’autre chose que leurs avantages. S'ils l'ont fait, c'est qu'ils croient en leur pays et c’était toute la question. En quelques jours on a montré qu’on est un grand pays, capable de se rassembler sans être dans la revanche la rancune et la peur".

Mon devoir c'est de faire en sorte que ce qui s'est produit à travers ce drame puisse être porté par ce que je suis, par ce que le gouvernement peut faire, pour que nous puissions faire avancer notre pays.

François Hollande a répété qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle de 2017 si le chômage ne baisse pas et a promis de mener jusqu'au bout des réformes en ce sens. "Nous continuerons jusqu'au bout, j'ai même dit que je serai jugé sur ce résultat-là, parce que si, après cinq ans, un président de la République n'arrive pas à atteindre l'objectif qu'il s'est fixé pour être élu, et bien, il ne peut pas être de nouveau candidat à la responsabilité suprême du pays".

Infographie 5e conférence de F. Hollande
Infographie 5e conférence de F. Hollande © ide
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