La nouvelle loi sur le cumul des mandats interdit d'exercer un mandat parlementaire et un mandat exécutif local (maire, adjoint, président de collectivité). Certains trichent déjà.

Jacques Bompard, maire (Ligue du Sud) d'Orange, va démissionner... pour être réélu
Jacques Bompard, maire (Ligue du Sud) d'Orange, va démissionner... pour être réélu © Maxppp / Vincent Isore

Il y a du mouvement en ce moment à la tête de beaucoup de villes, d'agglomérations ou de départements ! Beaucoup de maires, de présidents de collectivités remettent ou ont remis leur démission, pour suivre les nouvelles règles de la loi sur le cumul des mandats. Plusieurs députés récemment élus ou réélus doivent donc quitter leur ville ou leur département : au total, ils sont 223 à être concernés.

Le problème, c'est que concrètement, ils ne passent pas complètement la main. Ils restent conseillers municipaux ou départementaux et s'arrangent souvent pour continuer à tirer les ficelles. On se souvient que c'est ce qu'avait notamment fait Christian Estrosi à la mairie de Nice.

Évidemment, au micro, difficile de leur faire avouer qu'ils vont continuer à tout contrôler et parfois, il faut une bonne dose de langue de bois pour se justifier. Parmi ceux contraints d'abandonner leur mandat de maire ou de président de département, on trouve ainsi Yves Jégo (qui dit "rester attentif aux affaires de la commune", sans être "un maire bis"), Daniel Fasquelle (qui évoque "une répartition différente des rôles" tout en assurant que ses administrés sont "très heureux qu'il reste dans l'équipe") ou Damien Abad (qui "ne croit pas que ce soit une bonne idée de vouloir tirer les ficelles" mais "ne croit pas que ce soit non plus une bonne idée de déserter").

Copiloter la mairie ou démissionner pour être réélu

Voilà pourquoi beaucoup vont rester conseillers municipaux ou départementaux, mais surtout présidents de groupe : de quoi garder de l'influence... C'est le cas par exemple à Yerres, dans l'Essonne, où le maire Nicolas Dupont-Aignan laisse sa mairie au premier adjoint, Olivier Clodong. Mais ce dernier reconnait qu'ils seront bien deux à piloter cette ville de 30 000 habitants : "on sera tous les deux pilote et copilote. Je serai le maire, il sera le maire historique et député... Ce sera une double commande."

La palme revient au maire d'extrême-droite d'Orange : Jacques Bompard va démissionner de son poste de maire, pour ensuite se faire réélire. Il enverra donc sa suppléante à l'Assemblée, tout en contrôlant son travail. "Ce n'est pas machiavélique, c'est une lecture de la loi", explique-t-il. "Alors peut-être que la loi a été mal écrite... Mais cela ne me regarde pas."

Les députés ont jusqu'au 18 juillet, soit un mois après leur élection pour abandonner (ou faire semblant d'abandonner) leur mandat local.

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