Des dizaines de mouvements politiques seraient apparus depuis les dernières élections européennes de 2014. À 100 jours du prochain scrutin européen, découvrons ceux qui ont des chances d'obtenir des sièges. Des surprises pourraient venir d'Europe de l'Est.

Le Polonais Robert Biedron lors de la convention de son mouvement Printemps en février 2019
Le Polonais Robert Biedron lors de la convention de son mouvement Printemps en février 2019 © AFP / Janek SKARZYNSKI

Les citoyens européens sont appelés aux urnes entre le 23 et le 26 mai pour renouveler leurs représentants au Parlement européen. Pour les Français, le vote se déroulera sur la journée du 26 mai. À 100 jours du scrutin, les listes sont loin d'être toutes constituées et déclarées. Avant de se décider, les électeurs vont devoir bien se renseigner, certains partis ne sont guère connus du grand public. À l'échelle européenne, on estime qu'une centaine de mouvements politiques seraient apparus ces dix dernières années, alors que plusieurs dizaines d'entre eux n'existaient pas encore en 2014, date des dernières élections européennes. Le paysage politique s'est particulièrement enrichi en Europe de l'Est. Nous avons sélectionné quelques exemples.

Les polonais Kukiz et Biedron bousculent les lignes

La Pologne est en pleine recomposition politique. Un chanteur punk Pawel Kukiz s'est lancé dans la dernière présidentielle et a obtenu 21% des suffrages. Avec son mouvement de droite que certains qualifient de populiste (il veut "détruire la particratie"), il peut espérer envoyer trois à cinq représentants au Parlement européen, d'après les sondages. De son côté, Miroslaw Piotrowski quitte le parti Droit et justice (Pis), pas assez à droite d'après lui, afin de former son propre mouvement en vue des européennes.  

Plus à gauche, Robert Biedroń veut lui aussi bousculer le jeu et incarner le renouveau. Ouvertement homosexuel dans un pays encore très ancré dans le christianisme, il défend notamment les droits des LGBT. Ancré à gauche, son tout nouveau mouvement Printemps (Wiosna) pourrait obtenir cinq sièges.

En Roumanie, deux listes anti-corruption

Plus de 12 ans après son entrée dans l'Union européenne, la Roumanie est toujours gangrenée par la corruption. Ce fléau est la priorité affichée par deux nouvelles formations politiques. L'ancien Premier ministre et ancien Commissaire européen Dacian Cioloș vient de créer PLUS (Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité). 

Il peut compter sur l'appui de l'actuel eurodéputé Cristian Preda qui l'a rejoint. Ils visent les élections européennes puis les échéances nationales juste après. L'autre formation dénommée Union Sauvez la Roumanie (Uniunea Salvați Bucureștiu) va quant à elle tenter de transformer l'essai des municipales de Bucarest et des dernières législatives de 2016 .  

Des militants de Volt Europa réunis lors de la signature du traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle  January 22, 2019
Des militants de Volt Europa réunis lors de la signature du traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle January 22, 2019 © AFP / Patrik STOLLARZ

Des mouvements transnationaux qui pourraient cumuler

Parmi les partis qui veulent marquer la campagne et les élections, le Parti pirate, un mouvement trans-national qui veut réinstaurer une vraie démocratie en Europe, il fonctionne de manière collaborative, sans hiérarchie.

Déjà présent en 2014, il a actuellement un eurodéputé allemand. Cette fois le parti est mieux structuré, il peut espérer obtenir jusqu'à cinq sièges, dont trois en République Tchèque, un pays dans lequel il a fait une percée aux dernières législatives (11%). Dans certains pays, il se retrouvera en lice face à un autre mouvement transnational et pro-européen : Volt Europa, lancé il y a deux ans en réaction au Brexit et à la montée des populismes.

Parmi les partis récemment apparus, on peut également citer La République en Marche en France mais aussi la potentielle liste des "gilets jaunes", dont l'aboutissement semble de plus en plus compromis.

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