Parmi les 18 ministres nommés, plusieurs sont dans la vie politique depuis un certain temps et ont, par leur soutien, donné de la crédibilité au mouvement d'Emmanuel Macron.

Gérard Collomb, François Bayou et Jean-Yves Le Drian
Gérard Collomb, François Bayou et Jean-Yves Le Drian © AFP

Emmanuel Macron avait promis un gouvernement illustrant le renouvellement. Ce qui n'empêche pas certains des 18 ministres du gouvernement d'Edouard Philippe d'être des "vieux briscards" de la politique, des (quasi) septuagénaires dont certains font partie de sa garde rapprochée, sans avoir nécessairement été auparavant dans un gouvernement.

Gérard Collomb, le "parrain" lyonnais, à l'Intérieur

Maire PS de Lyon depuis 2001, sénateur depuis 1999, Gérard Collomb, 70 ans en juin, est nommé ministre de l'Intérieur, au rang de ministre d'État, le deuxième dans l'ordre protocolaire.

Il a rapidement repéré Emmanuel Macron, a été un des premiers à croire en lui et l'a aidé à structurer son mouvement. Lors de la passation de pouvoirs, il était d'ailleurs ému aux larmes lorsque Emmanuel Macron est venu lui serrer la main.

Ce baron local, agrégé de lettres classiques et issu d'un milieu modeste, qui a rejoint le PS dès la fin des années 60, n'avait jamais été nommé ministre. Ce n'est pas vraiment "une nouvelle tête" puisque son premier mandat de député remonte à 1981.
C'est lui a œuvré pour un rapprochement avec François Bayrou.

François Bayrou, l'allié, à la Justice

François Bayrou (65 ans), le président du Modem, est nommé ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Dans l'ordre protocolaire, il est le quatrième ministre d'État derrière Edouard Philippe le Premier ministre, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur et Nicolas Hulot, ministre de la Transition Écologique et Solidaire.

Le maire de Pau, ancien ministre de l'Education nationale (entre 1993 et 1997), ancien député et député européen a rallié Emmanuel Macron le 22 février dernier, lui permettant de doubler François Fillon dans les sondages.

Le projet de loi de moralisation de la vie publique, fruit de l'alliance Bayrou/Macron, devrait être l'un des premiers actes du nouveau gouvernement réuni ce jeudi à 11h pour le tout premier conseil des ministres.

Autre preuve de l'influence de François Bayrou : après avoir tapé du poing sur la table, jeudi 11 mai, suite à la présentation de la première liste des candidats aux futures élections législatives, il a réussi à arracher au moins une soixantaine d'investitures Modem.

Jean-Yves Le Drian , le sortant, aux Affaires étrangères

Emmanuel Macron prônait "le renouveau des visages". Il fait donc une exception en conservant Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense pendant tout le quinquennat de François Hollande, qui est nommé ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. C'est Sylvie Goulard qui devient ministre des Armées.

Jean-Yves Le Drian soutient Emmanuel Macron depuis le 24 mars. Si début mai, le breton s'était dit fatigué, il a vite ajouté qu'il était "disponible" pour "aider". Selon Challenges, c'est lui notamment qui a soufflé à Emmanuel Macron l'idée de créer une task force anti-terroriste permanente à l'Elysée.

Jacques Mézard, le fidèle, à l'Agriculture

Jacques Mézard (69 ans) est nommé ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Peu connu du grand public, il est le patron des sénateurs radicaux et a beaucoup aidé Emmanuel Macron à trouver ses 500 parrainages. Ce sénateur du Cantal fait partie du premier cercle du Président de la République.

Ce n'est pas vraiment le chantre du renouvellement puisqu'il avait lui-même pris la tête de la fronde sénatoriale face au projet de non-cumul des mandats des parlementaires voulu par François Hollande en 2013.

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