Avec un communiqué sans appel, le président des LR Laurent Wauquiez a sèchement limogé dimanche soir sa numéro deux, Virginie Calmels, qui avait multiplié, ces dernières semaines, les critiques sur la politique menée par son parti.

Laurent Wauquiez et Virginie Calmels arrivent le 3 septembre 2017 aux Etables, dans le centre de la France, avant la montée traditionnelle du mont Mézenc par Wauquiez.
Laurent Wauquiez et Virginie Calmels arrivent le 3 septembre 2017 aux Etables, dans le centre de la France, avant la montée traditionnelle du mont Mézenc par Wauquiez. © AFP / Philippe Desmaze

Nouvelle crise ouverte au sommet des Républicains (LR) : le président du parti Laurent Wauquiez a mis fin aux fonctions de vice-présidente déléguée de Virginie Calmels, aussitôt remplacée par Jean Leonetti, maire d'Antibes-Juan Les Pins, en épilogue de deux semaines de conflit ouvert avec elle. Le communiqué, tombé dimanche soir, ne mentionne même pas le nom de l'intéressée, mais directement celui de son successeur : 

Décision provoquée par son entretien publié ce dimanche dans le Parisien-Aujourd'hui en France, le dernier qui suit une série de critiques ouvertes prononcées depuis plusieurs jours dans les médias. Dans ce dernier, celle qui fut aussi, dans une autre vie, à la tête de la société de production Endemol (a qui on doit d'avoir introduit en France la télé-réalité avec l'émission "Le Loft"), expliquait : 

Laurent Wauquiez veut d’abord défendre ses propres idées, même si elles ne sont pas adoptées par tous (...) Il estime qu’il doit son élection qu’à sa seule présence. Je ne partage pas cette vision

"J'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions, car je suis pour un régalien fort (...)Mais je ne suis pas non plus un clone, je ne suis pas dénaturable" poursuivait-elle.

Le tract qui a mis le feu aux poudres

Parmi les (nombreux) points de friction, le dernier en date était un tract intitulé "Pour que la France reste la France" distribué le week-end dernier lors d'une opération de mobilisation et jugé "anxiogène" par Virginie Calmels. 

Celle dont la carrière politique a débuté en 2014 à Bordeaux aux côtés d'Alain Juppé, avait réitéré ses critiques mardi lors d'une réunion de direction houleuse. Sur France Inter, le 7 juin dernier, Virginie Calmels expliquait aussi :

Une réaction qui divise

Dans les rangs de LR, le limogeage de la numéro 2 du parti a ouvert un nouvel épisode de la crise en cours depuis de longs mois au sein des Républicains. Dès l'annonce par communiqué officiel, les députés ont choisi leur camp, entre ceux qui soutiennent la décision de Laurent Wauquiez, et ceux qui estiment qu'une autre droite est possible : 

Sur franceinfo, Laurence Saillet, porte-parole des Républicains, estime que "lorsque l'on est membre d'une équipe, on ne peut pas toujours tirer des buts contre son camp. Je pense qu'il fallait éclaircir cette situation. Vous ne pouvez pas sans cesse attaquer votre famille politique par voie de presse". Dans les rangs des Républicains, d'autres estimaient aussi qu'une réaction rapide était inévitable : 

Un conflit ouvert qui provoque des réactions ironiques dans les camps adverses, comme chez Richard Ferrand, président du groupe LREM à l'Assemblée : 

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