Plus de trois mois après la date initialement prévue, Françaises et Français sont appelés à voter pour le second tour des élections municipales dans près de 5 000 communes qui n'ont pas pu élire leur conseil au premier tour. Mais si le scrutin peut se tenir, ce sera dans des conditions très particulières.

Dimanche, il faudra voter masqué.e.s !
Dimanche, il faudra voter masqué.e.s ! © AFP / Hans Lucas / Arié Botbol

Il devait avoir lieu le 22 mars, mais le coronavirus a tout chamboulé. C'est donc dimanche, le 28 juin, qu'a lieu le second tour des élections municipales dans les 4 820 communes françaises qui doivent revoter, plus de trois mois après le report du scrutin en parallèle de la mise en place d'un confinement généralisé dans le pays. Globalement, les conseils municipaux restent à constituer dans environ 15% des communes qui n'ont pas pu le faire dès le premier tour ainsi que dans les arrondissements et secteurs de Paris, Lyon, Marseille. Quelque 16,5 millions de personnes sont appelées aux urnes, soit environ 39% du corps électoral français. En raison de la pandémie, le second tour a en revanche été à nouveau reporté dans les sept communes de Guyane concernées, le département étant particulièrement touché.

Deux procurations au lieu d'une 

C'est la principale nouveauté pour tenter de relancer la participation. Tout électeur pourra être porteur de deux procurations, permettant de voter à la place d'une autre personne, au lieu d'une jusqu'à présent, au sein d'une même commune. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer en raison de l'épidémie ont la possibilité de demander à leur commissariat ou leur gendarmerie que l'on vienne recueillir leur procuration à leur domicile. Pour la première fois également, de telles demandes de procurations pouvaient être recueillies dans des "lieux accueillant du public" listés par les préfets, et non plus seulement dans les commissariats, gendarmeries et tribunaux judiciaires.  

Pour limiter les risques de fraude, les personnes habilitées à les recueillir restent toutefois les mêmes - officiers de police, gendarmes - mais ni les maires ni les adjoints n'ont le droit de le faire, malgré leur qualité d'officier de police judiciaire. 

Moins de contacts et plus de masques

Covid-19 oblige, la carte d'électeur ne devra pas être obligatoirement tamponnée après signature de la liste d'émargement pour limiter les échanges. 

En ce qu'il concerne les protections et les gestes barrières, chaque bureau de vote devra être équipé d'un point d'eau, avec du savon ou du gel hydroalcoolique, et toutes les personnes présentes devront porter un masque. Pour les électeurs, il s'agira soit d'un masque "grand public", soit d'un masque chirurgical et il pourra leur être demandé de le retirer pour permettre de les identifier. 

Comme au premier tour, les bureaux de vote devront être aménagés pour assurer une distance d'au moins un mètre entre chaque personne. Le nombre d'électeurs pouvant accéder simultanément dans un même bureau sera limité et priorité donnée aux personnes vulnérables pour voter.   

786 triangulaires, 155 quadrangulaires

Les candidats s'affronteront en triangulaires dans 786 communes et en quadrangulaires dans 155. C'est moins qu'en 2014, où l'on avait compté 986 triangulaires et 207 quadrangulaires. Cinq listes seront en présence pour ce second tour dans 12 communes.

L'enjeu de la participation

En baisse constante depuis plus de trente ans aux municipales, la participation s'est effondrée à 44,6% au premier tour, contre 63,5% en 2014. Les électeurs ont massivement déserté le vote par crainte de la pandémie.

Relancer le calendrier des élus locaux

Le 28 juin, les électeurs vont aussi voter pour les conseils communautaires de quelque 1100 communautés de communes, métropoles ou agglomérations, où le premier tour n'a pas été décisif et dont le redémarrage est décisif pour l'investissement public et la reprise, notamment dans le secteur du BTP.

À l'issue du second tour, la première réunion des nouveaux conseils municipaux doit se tenir entre le vendredi 3 et le dimanche 5 juillet pour élire les maires et les adjoints. Le 18 juillet au plus tard, les conseils de toutes les communes et groupements de communes devraient donc être renouvelés et installés - à l'exception de la Guyane -, marquant la fin du cycle des municipales.

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