Christiane Taubira
Christiane Taubira © MAXPPP/Xavier de Torres

La Garde des Sceaux Christiane Taubira a démissionné ce mercredi. Pour la remplacer, le président de la République a nommé Jean-Jacques Urvoas au poste de ministre de la Justice.

La désormais ex-Garde des Sceaux a déclaré sur Twitter "parfois résister c'est partir" tôt ce mercredi matin.

Christiane Taubira a précisé dans l'après-midi les raisons de son départ, lors d'une conférence de presse, expliquant comme beaucoup le soupçonnaient que son départ est en grande partie lié au projet du gouvernement d'étendre la déchéance de nationalité.

Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je choisis d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, à mes combats, à mon rapport aux autres. [Face au terrorisme] nous ne devons concéder aucune victoire, ni militaire, ni diplomatique, ni politique, ni symbolique.

Le successeur de Christiane Taubira, Jean-Jacques Urvoas, a pris officiellement ses fonctions place Vendôme vers 16h30 mercredi. C'est un proche de Manuel Valls, et il était jusqu'à présent le président de la Commission des lois à l'Assemblée nationale et député du Finistère. C'est notamment lui qui a été chargé de trouver une solution à la réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité, mesure à laquelle Christiane Taubira était opposée.

Une décision prise samedi

Selon des sources proches de l'Élysée, la démission de Christiane Taubira a été actée le week-end dernier, avant même le départ de François Hollande pour l'Inde. Le président de la République, le Premier ministre et la Garde des Sceaux se sont réunis à plusieurs reprises après les vacances de Noël pour discuter de la révision constitutionnelle notamment. Christiane Taubira a été reçue ce mercredi matin par François Hollande à l'Élysée. Le Président a appelé dans la foulée Jean-Jacques Urvoas pour lui proposer le poste de ministre de la Justice. La passation de pouvoir devrait se faire dans la journée.

Icône pour certains, cible pour d'autres

Une véritable icône pour la gauche, Christiane Taubira était aussi l'une des cibles préférées de la droite et de l'extrême-droite . Elle représentait l'aile gauche du gouvernement. C'est elle qui a mené la réforme du mariage homosexuel jusqu'à son adoption en 2013, malgré les vives contestations d'opposants dans la rue.

► ► ► Christiane Taubira à l'Assemblée nationale lorsqu'elle défend le mariage homosexuel

Les critiques viennent parfois de son propre camp lorsqu'elle présente son projet de réforme pénale qui supprime les peines planchers et instaure une alternative à la prison. Ces derniers mois, la ministre s'était notamment attirée les foudres des avocats pour son projet de réforme sur l'aide juridictionnelle. Le monde judiciaire qui est descendu plusieurs fois dans la rue en 2015 pour réclamer plus de moyens. Mais si Christiane Taubira a toujours résisté, cette fois,

sa position sur la déchéance de nationalitél'oblige à partir .

Sans surprise, la droite et l'extrême-droite se réjouissent de cette annonce. Marine Le Pen parle d'une "bonne nouvelle pour la France". François Fillon espère lui "moins de laxisme place Vendôme".

À gauche, Benoît Hamon salue "les convictions" de l'ancienne ministre. Chez les écolos, Cécile Duflot évoque elle la force de la fidélité aux valeurs.

►►►Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Île-de-France et défenseur du mariage pour tous regrette le départ du gouvernement de ce "symbole (...) qui a eu un courage extraordinaire pendant le mariage pour tous"

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