La présidente de la BCE, Christine Lagarde, est "absolument" favorable aux quotas de femmes. "C'est une politique qui est appliqué au seine de la BCE. À compétences égales, c'est une femme qui sera embauchée". Elle affirme par ailleurs avoir subi des situations de harcèlement sexuel au cours de sa carrière.

Léa Salamé et Christine Lagarde
Léa Salamé et Christine Lagarde © Radio France / Paola Puerari

La présidente de la Banque centrale européenne et ancienne présidente du FMI, Christine Lagarde, est "absolument" favorable aux quotas de femmes dans les conseils de direction. "Je l'assume complètement parce que sinon ça prendra encore trop de temps, dans 160 ans on sera encore au même point", a-t-elle déclaré à Léa Salamé dans l'émission Femmes Puissantes diffusée samedi. 

"À compétences égales, c'est une femme qui sera embauchée"

À propos de la politique des quotas, elle déclare : "C'est une politique qui est appliqué au sein de la BCE. À compétences égales, c'est une femme qui sera embauchée". Elle rappelle à cet égard qu'au conseil des gouverneurs de la BCE, il y a deux femmes sur les 25 membres : "ça ne fait même pas 10%". En matière de mixité, "il y a énormément de chemin à parcourir et particulièrement dans certains secteurs : la finance, le droit".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Cette politique des quotas est en passe d'être mise en place en Allemagne où toutes les entreprises  de plus de 2 000 salariés devront dorénavant compter au moins une femme dans leur comité de direction, dès l’instant où ce comité comporte trois membres ou plus.

En France, le gouvernement envisageait, il y a quelques mois, de mettre en place une obligation d'avoir au moins 40% de femmes dans les Comex. Mais, de façon inattendue, il y a quelques jours, la mairie de Paris, a été sanctionnée parce que trop de femmes avaient été nommées à des postes de directrices.

"Quand une femme parle, le niveau d'écoute baisse"

L'ancienne présidente du FMI est revenue sur les différentes expériences de sexisme dont elle a été victime au cours de sa carrière. "Ce qui m'agace le plus, c'est que quand une femme prend la parole dans un grand cercle d'hommes, ils s'écoutent les uns les autres, mais dès qu'une femme parle, le niveau d'écoute baisse de moitié", a-t-elle témoigné. 

Evoquant les suites de #MeToo, Christine Lagarde a affirmé qu'elle avait été plusieurs fois victimes de harcèlement ou de harcèlement sexuel. "Je n'ai pas été dans cette situation avec un supérieur hiérarchique, mais quand j'étais avocate, profession indépendante, ça m'est arrivé avec des clients qui sont restés dans leur taxi ensuite...", a-t-elle révélé. "J’ai la chance de faire 1,80m et d'être plutôt costaud", a-t-elle rappelé dans un sourire, se remémorant que, plus jeune, cela lui avait "beaucoup servi".