Invité du Grand entretien de France Inter, le ministre de l’Intérieur s’est "étonné" des propos d’Olivier Faure lundi sur notre antenne, qui estimait sur l’affaire Griveaux "qu’un ministre qui se permet ce type d’envois, c’est d’une légèreté incroyable". Des "leçons de morale" qui ont agacé Christophe Castaner.

Christophe Castaner et Olivier Faure dans les studios de France Inter en février 2020
Christophe Castaner et Olivier Faure dans les studios de France Inter en février 2020 © Radio France

Le Premier secrétaire du PS était l’un des seuls politiques à avoir émis des doutes sur la pertinence de l’envoi par Benjamin Griveaux de vidéos intimes à une jeune femme sur Internet. Tout en reconnaissant sur France Inter qu’il faut "condamner la diffusion" par Piotr Pavlenski de ces images, il estime qu’il y a eu "une faute" de l’ancien candidat LREM. "Un ministre qui considère qu’il peut se livrer à ce type d’envois, c‘est la preuve d’une légèreté incroyable", lançait Olivier Faure.

Des "leçons de morale" qui ont visiblement exaspéré Christophe Castaner. Le ministre de l’Intérieur assurait ce mercredi à Nicolas Demorand et Alexandra Bensaid : "J'ai été surpris d'entendre Olivier Faure à votre micro. Je connais bien Olivier Faure, à titre personnel, depuis longtemps. Je l’ai accompagné dans ses divorces, dans ses séparations."

Une petite phrase et une attaque très personnelle qui suivaient une mise au point sur la nécessité pour les "hommes et femmes politiques" de "rester des femmes et des hommes, sinon ils sont coupés de la réalité. […] Il faut accepter nos forces, nos fragilités, faut pas prétendre qu’on est des super-héros. Et moi, j’invite la classe politique à beaucoup de modestie."

"Odieux", "bassesse", "respect de la vie privée"

Indignation du principal intéressé, dont le parti a rapidement annoncé une réaction à l’Assemblée nationale... Lors d’une conférence de presse, Olivier Faure a ainsi évoqué "un tournant inquiétant" dans la vie politique : "La vie publique exige de la probité, de la dignité et le respect de l’État de droit. […] La séparation entre le débat politique et la vie privée est la règle de toutes les démocraties."

Le leader socialiste va même plus loin : pour lui, "une ligne rouge a été franchie", le ministre de l’Intérieur "cherche à intimider l’un des dirigeants de l’opposition en ayant recours à des insinuations relevant de sa vie privée", et il devrait donc être "convoqué dans les meilleurs délais" par Emmanuel Macron pour "en tirer les conséquences".

Une indignation qui s’est aussi propagée sur les réseaux sociaux et dans l’opposition. Manuel Bompard (LFI) dénonce un comportement "odieux", Bruno Retailleau (LR) regrette "la bassesse" de l‘attaque, Gilbert Collard (RN) estime que Christophe Castaner, "il vaut mieux ne pas l’avoir comme ami, ni comme confident".

Tous reprenant finalement la rhétorique qui avait un temps uni toute la classe politique (LREM incluse) vendredi dernier autour des déboires de Benjamin Griveaux : en politique, il n‘est jamais noble de s’en prendre à la vie privée...

MISE À JOUR

Peu après 19h, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, via un communiqué envoyé à l"AFP, a dit "regretter" ses propos sur la vie privée d'Olivier Faure, si ceux-ci "ont blessé" le premier secrétaire du Parti socialiste.  "Si mes propos l'ont blessé, je les regrette. Il n'y avait aucune menace", a déclaré le ministre.

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