À la différence de son prédécesseur, Elisabeth Borne, nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire, n’est plus ministre d’État. De fait, depuis 2007, la place et l'importance accordées à l'écologie dans les équipes gouvernementales successives n'ont cessé de faire le yoyo.

La plaque du ministère de la Transition écologique et solidaire recouverte d'un graffiti, lors d'une manifestation contre "l'inaction climatique", en février.
La plaque du ministère de la Transition écologique et solidaire recouverte d'un graffiti, lors d'une manifestation contre "l'inaction climatique", en février. © AFP / Edouard Richard / Hans Lucas

Un remaniement express. Après la démission mardi de François de Rugy, éclaboussé par les révélations successives de Mediapart, c’est Elizabeth Borne qui a été nommée ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle conserve le portefeuille des Transports, mais ne récupère pas le titre de ministre d’État de son prédécesseur, qui plaçait celui-ci au deuxième rang au sein du gouvernement, juste derrière Édouard Philippe.

Le signe, pour certains, que l'écologie n'est plus la priorité affichée de l'exécutif. De fait, malgré son importance croissante aux yeux de l'opinion, dans les gouvernements de ces dix dernières années le ministère de l'Écologie (sous ses diverses appellations) n'a cessé de gagner puis de perdre du galon.

1971 : Sous Pompidou, l’environnement entre au gouvernement 

Dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, Robert Poujade est nommé ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Protection de la nature et de l’environnement.

2007 : Sous Sarkozy, un "superministère" d’État ...

Pendant la campagne présidentielle, et comme la plupart des autres candidats, Nicolas Sarkozy a signé le "Pacte écologique" de Nicolas Hulot, qui demande entre autres la création d’un poste de "vice-premier ministre" en charge des questions liées au développement durable. Celui-ci ne verra pas le jour. Nicolas Sarkozy créé néanmoins un grand ministère, fusionnant Écologie et Équipement, dont le détenteur a pour la première fois le titre de ministre d’État. Celui-ci est confié (très brièvement) à Alain Juppé, puis à Jean-Louis Borloo. L’écologie est devenue une priorité.

2010 :  ... puis la chute protocolaire 

Sous le troisième gouvernement Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet succède à Jean-Louis Borloo, au ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement. Quatrième dans l’ordre protocolaire du gouvernement, elle n’est plus ministre d’État. Les questions liées à l’énergie sortent également de son périmètre pour aller à Bercy. Chez les écolos, certains dénoncent un "ministère fantoche".

2012 : Sous Hollande, une ministre de prestige

Après l'élection de François Hollande, l’énergie revient dans le giron du ministère de l’Écologie, confié à Nicole Bricq puis Delphine Batho. En avril 2014, lors du premier gouvernement Valls, Ségolène Royal, chantre de la croissance verte, reprend le portefeuille avec une visibilité nouvelle. Elle est numéro 3 du gouvernement, juste derrière le ministre des Affaires étrangères.

2017 : Sous Macron, de Nicolas Hulot à Elisabeth Borne 

Prise de choix pour Emmanuel Macron à son arrivée au pouvoir : le très courtisé Nicolas Hulot entre au gouvernement en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire. Comme dans son pacte écologique 2007, il réclame un poste de "vice-premier ministre". Cela lui est refusé. Il est néanmoins nommé ministre d’État, numéro 3 du gouvernement (puis numéro 2 après le départ de Gérard Collomb). L’ancien animateur de TF1 claque la porte en août 2018, évoquant une "accumulation de déceptions". Son successeur, François de Rugy, conserve le même périmètre et le rang de ministre d’État.

Ce qui ne sera pas le cas d’Elisabeth Borne, appelée pour lui succéder et qui, d'après l'organigramme mis en ligne sur le site du gouvernement, est aujourd'hui numéro 5 dans l'ordre protocolaire. "Ça n'a pas grand sens de dire que l'écologie est un département ministériel" a défendu mercredi sur France Inter le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, désignant Elisabeth Borne comme "la chef de file" de l'écologie au sein du gouvernement.

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