[scald=81717:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a largement atteint ses objectifs pour faire baisser tant l'immigration illégale que légale en France, a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, à trois mois et demi de l'élection présidentielle.

Ce dernier a ainsi revendiqué le chiffre record d'une hausse de 17,5% des expulsions d'étrangers en situation irrégulière et une chute marquante de 30% des naturalisations.

Critiqué à la fois par la gauche, qui lui reproche de courir derrière Marine Le Pen, et le FN, pour qui les statistiques cachent un échec total, Claude Guéant a annoncé son intention de passer en 2012 à la vitesse supérieure.

"Il faut en revenir à un niveau de flux migratoires connus en France dans les années 1990", avant le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

En avril dernier, Claude Guéant avait annoncé sa volonté de faire baisser de 10% l'immigration légale en France en la faisant passer de 200.000 par an à 180.000, un objectif qu'il dit en passe d'être atteint.

Pour 2012, ce proche de Nicolas Sarkozy appelé à jouer un rôle clé dans la campagne présidentielle fixe la barre à 150.000 entrées légales sur le territoire.

Pour ce faire, le ministre a entrepris, contrairement à ses prédécesseurs, de s'attaquer à l'immigration légale en durcissant, grâce à toute une série de textes, les conditions d'octroi de la nationalité, le regroupement familial ou les visas de travail pour les étrangers hors Union européenne.

La maîtrise de la langue française et l'adhésion aux principes de la République sont ainsi devenues un passage obligé pour les candidats à l'immigration ou à la naturalisation.

PAS DE LIGNE MAGINOT MAIS DES RÈGLES

"Il ne s'agit pas de se replier derrière une ligne Maginot mais de faire respecter des règles", a dit Claude Guéant en estimant qu'il s'agissait d'une question de "cohésion et d'équilibre" de la société française.

Alors que Marine Le Pen dénonce une "explosion de l'immigration", le ministre a brandi des statistiques, selon lui irréfutables, dont celle des expulsions d'étrangers en situation irrégulière.

Elles auraient atteint en 2011 un niveau record, à 32.912 contre 28.026 en 2010, soit une hausse de 17,5%. Ce chiffre inclut la reconduite de plusieurs milliers de jeunes arrivés en France lors de la révolution tunisienne.

Sur sa lancée, le ministre s'est fixé pour objectif 35.000 expulsions en 2012, loin des 9.000 étrangers éloignés, selon lui, chaque année lorsque la gauche était au pouvoir.

En outre, l'immigration régulière a baissé en France en 2011 tant pour les titres de séjour, l'immigration du travail ou l'asile, a-t-il fait valoir.

Selon le bilan du ministère, le nombre des titres de séjour accordés est passé de 189.455 en 2010 à 182.595 en 2011, soit une baisse de 3,6%.

Concernant l'immigration professionnelle, 9.154 ressortissants étrangers ont été autorisés à venir France en 2011 contre 12.404 en 2010, soit une baisse de 26%.

Cette volonté de réduire le nombre de travailleurs étrangers suscitant une large incompréhension, Claude Guéant a répété qu'il était "déraisonnable de faire venir des migrants pour qu'ils soient au chômage chez nous".

Selon lui, un quart des étrangers hors UE sont au chômage en France.

Si le nombre des demandes d'asile a considérablement augmenté de 8,2%, la proportion des personnes en ayant effectivement bénéficié est en baisse, passant de 19% en 2010 à 18% en 2011.

Claude Guéant a également réaffirmé, sur RMC-BFM-TV, qu'il y avait un "taux de délinquance parmi la population étrangère qui est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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