[scald=100671:sdl_editor_representation]MARSEILLE (Reuters) - Claude Guéant a affirmé lundi que les forces de l'ordre marquaient des points à Marseille en réponse aux critiques de l'opposition, qui lui reproche d'y avoir diminué les effectifs et effectué des visites électoralistes.

Cinq homicides par arme à feu ont eu lieu dans la cité phocéenne en une semaine et une vingtaine de règlements de comptes ont été recensés en 2011 dans les Bouches-du-Rhône, faisant 16 morts, dont 15 à Marseille.

Compte tenu de ces mauvais chiffres, François Rebsamem, le "Monsieur sécurité" du candidat socialiste François Hollande, a invité Claude Guéant à "faire preuve de modestie".

"Les Marseillais n'ont pas besoin de visites ministérielles électoralistes, ils ont besoin de plus de policiers sur le terrain. Nicolas Sarkozy en a supprimé 400 depuis 2007", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a abondé dans le même sens sur France Info.

"Ce qui se passe à Marseille est gravissime", a-t-il dit. M. Guéant va parader à Marseille ; mais où on vit ? Les petites phrases minables du ministre de l'Intérieur pour dissimuler son bilan dramatique ne sont pas à la hauteur de l'enjeu", a-t-il estimé.

Le ministre de l'Intérieur, qui se déplaçait cette fois à Marseille en pleine campagne électorale, a notamment tenu une table ronde avec des commerçants et des responsables d'associations.

"NOUS GAGNONS DE POINTS", DIT GUEANT

Il a insisté sur le fait qu'au-delà des règlements de comptes, la sécurité quotidienne s'était améliorée et a récusé l'existence de zones de non-droit à Marseille.

"Nous gagnons des points contre l'insécurité. L'an dernier, 71% des homicides ont abouti à des interpellations et à des déferrements devant la justice. La délinquance générale a baissé de 4% sur Marseille en 2011", a-t-il dit aux journalistes.

Claude Guéant a également assuré que les "promesses ont été tenues" en terme d'effectifs avec l'arrivée de 189 policiers à Marseille depuis le mois de mai, date de la première de ses trois visites à Marseille depuis sa prise de fonctions.

"Les heures supplémentaires dans la police représentent plus de 20.000 journées de travail à Marseille", a-t-il souligné, ajoutant un "gain de 10.000 journées" de travail de police avec l'emploi de réservistes.

Interrogé sur le regain de violence de ces derniers jours, il a assuré qu'il s'agissait "de règlements de comptes qui relèvent du grand banditisme et qui tournent autour du commerce de la drogue dans les cités dites sensibles."

"Ils ne concernent pas le commun de la population mais les voyous entre eux", a-t-il ajouté, précisant qu'il n'y avait pas de "territoires interdits à la police".

Le ministre a également souligné que 500 trafiquants de drogue avaient été interpellés depuis septembre 2011 par la police, qui a saisi 162 kilos de résine de cannabis et 46 kilos de cocaïne.

Parallèlement, des "enquêtes sur les filières d'approvisionnement" d'armes de guerre sont menées dans la cité phocéenne où 500 armes ont été saisies l'an dernier, dont la moitié composée de fusil d'assaut de type Kalachnikov.

Jean-François Rosnoblet, édité par Gérard Bon

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