[scald=68911:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Accusé de valider les thèses de Marine Le Pen, Claude Guéant a affirmé mardi qu'il n'avait rien de commun avec le Front national, tout en maintenant son objectif inédit en France de diminuer l'immigration légale.

Le quotidien Libération a consacré mardi sa "une" au ministre de l'Intérieur, faisant de lui "la voix de Le Pen" à la suite de sa décision de diminuer de 10% le nombre de titres de séjour accordés chaque année.

En réponse au "merci" ironique que lui a adressé la veille la candidate du FN pour 2012 pour avoir reconnu que 200.000 personnes entraient légalement chaque année en France, Claude Guéant a dénoncé un amalgame qui ne lui fait "pas plaisir".

"Je n'ai rien à voir avec le Front national, rien de commun avec le Front national. Marine Le Pen a ses propres thèses, ce ne sont pas du tout les miennes", a-t-il affirmé sur RTL.

Pour Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP, la "une" de Libération est "une attaque personnelle indigne" contre un ministre "qui a le courage politique de faire de vrais diagnostics sur les maux qui rongent notre pacte républicain".

Pour justifier son activisme sur la question de l'immigration, Claude Guéant a expliqué mardi que c'était "un sujet qui préoccupe beaucoup les Français", répétant que "pour que l'intégration se fasse", il fallait "moins d'immigrés accueillis chaque année".

Pour le philosophe Michel Feher, président du collectif "Cette France-là", la fuite en avant du ministre, par rapport aux premières années du quinquennat axée sur "l'immigration choisie", "profite davantage au FN qu'au chef de l'Etat".

LE PS ATTAQUE GUÉANT

Or, "des sondages récents nous indiquent que seules 10% des personnes se disent préoccupées par l'immigration et 61% se déclarent favorables au vote des étrangers aux élections locales", dit-il dans Libération.

Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon avait réagi dès lundi aux déclarations de Claude Guéant.

"J'ai vraiment hâte qu'il ne soit plus ministre, parce que cela fait mal à chaque fois à la France (...) que de voir ce monsieur dans le costume d'un ministre de la République", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

En revanche, pour Nicolas Bay, conseiller de Marine Le Pen sur les questions d'immigration, la posture de Claude Guéant revient à reconnaître que "la situation lui échappe totalement", en particulier sur la situation de l'asile en France.

Lors d'un déplacement à Montauban, le ministre avait souligné la semaine dernière que la France concentrait à elle seule "20% des demandes d'asile de toute l'Europe", avec un "accroissement des demandes infondées".

Pour limiter l'immigration légale, Claude Guéant compte agir sur le droit d'asile, le regroupement familial et le recrutement des étrangers, dont les étudiants en fin de cycle.

Il a également annoncé dimanche qu'il comptait cibler les étrangers dans la lutte contre la fraude sociale, notamment en croisant à partir de janvier 2012 les fichiers des étrangers résidant en France et de la Sécurité sociale.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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