La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla reprend ses travaux ce mercredi avec l'audition du chef de cabinet d'Emmanuel Macron.

Alexandre Benalla le 1er mai à Paris
Alexandre Benalla le 1er mai à Paris © Maxppp / Jean Pierre N'Guyen

Les fonctions d'Alexandre Benalla à l'Elysée ont été mercredi au coeur des auditions de la commission d'enquête sénatoriale, qui poursuit ses travaux imperturbablement malgré la polémique sur l'audition à venir de l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron est soupçonné de couvrir son ancien proche collaborateur, mis en examen pour des violences contre un manifestant le 1er mai à Paris.

"Nous poursuivons nos auditions pour tenter de lever des contradictions" et "établir le fonctionnement" des différents services de l'Etat, a déclaré le président de cette commission Philippe Bas à l'ouverture des travaux.

La séance de ce mercredi matin au Sénat a démarré avec l'audition du chef de cabinet d'Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch

"Choqué" par les vidéos 

Le chef de cabinet du président de la République s'est déclaré mercredi "choqué" par la violence des images montrant Alexandre Benalla s'en prendre à un manifestant le 1er mai.  

Je peux vous dire qu'en voyant cette vidéo, j'ai été choqué, j'ai vu à la fois une scène d'affrontement violent (...) une scène d'intervention d'une personne qui est manifestement M. Benalla, et qui à l'évidence a agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République

"J'ai alors souhaité appeler M. Benalla immédiatement, je l'ai fermement sermonné, il a reconnu sa présence sur les lieux de la manifestation", a poursuivi le chef de cabinet de M. Macron.  

Il a été très clair sur le fait qu'il ne m'avait pas sollicité moi, chef de cabinet, pour être sur les lieux de la manifestation.

Le chef de cabinet d'Emmanuel Macron était pourtant en charge de piloter le rôle d'Alexandre Benalla. Il semble ne pas savoir précisément ce que faisait le chargé de mission du président, notamment en ce 1er mai 2018. 

La commission a ensuite entendu le commandant militaire de l'Elysée, le général Bio-Farina, selon qui Alexandre Benalla était "un petit peu la charnière entre ce que fait le GSPR et le commandement militaire", les deux unités en charge de la sécurité du président.  

En outre, "il avait l'approche humaine de ce que souhaitait le président pour sa sécurité", a-t-il ajouté et "participait aux travaux de réorganisation de la sécurité de l'Elysée".

Affaire politique ? 

De toutes parts, le gouvernement tente de démontrer "l'instrumentalisation politique" de l'affaire Benalla.

Personne n'est dupe de l'instrumentalisation politique de l'affaire Benalla depuis cet été, a affirmé mercredi la garde des Sceaux Nicole Belloubet. 

Egalement offensif, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s'en est de nouveau pris au président de la commission, issu de l'opposition LR, Philippe Bas, jugeant 

Il en fait une ambition politique personnelle

Un "petit marquis"

La commission d'enquête sénatoriale a repris en pleine polémique sur l'audition à venir de Benalla lui même. 

Après avoir affirmé qu'il ne viendrait pas, l'ex-chargé de mission du Président de la République a annoncé mardi soir à France Inter qu'il se rendrait finalement à la convocation du Sénat. Cette convocation a été fixée au 19 octobre. 

Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, a fustigé mercredi "les propos offensants" d'Alexandre Benalla qui s'en est pris à la commission d'enquête sénatoriale et à son président Philippe Bas (LR), qualifié de "petit marquis".  

M. Benalla est convoqué, il a des propos offensants. (...) Je ne laisserai pas insulter l'institution qu'est le Sénat. Cette commission est totalement souveraine, c'est elle qui écoutera, entendra et décidera a rétorqué le président LR du Sénat Gérard Larcher sur LCI.

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