Après l'annonce du maintien de sa demande de démission mardi, Gérard Collomb quitte ce mercredi ses fonctions de ministre de l'Intérieur. La passation de pouvoir a eu lieu mercredi matin : c'est Edouard Philippe qui disposera des prérogatives du ministre de l'Intérieur, dans l'attente de la nomination d'un successeur.

Gérard Collomb, ce mercredi lors de la passation de pouvoirs, place Beauveau
Gérard Collomb, ce mercredi lors de la passation de pouvoirs, place Beauveau © AFP / Stéphane de Sakutin

La passation de pouvoir a eu lieu ce mercredi matin, à 9h15, place Beauvau : Gérard Collomb a quitté ses fonctions de ministre de l'Intérieur, et c'est le Premier ministre Edouard Philippe qui les assurera, "dans l'attente de la nomination de son successeur", a annoncé l'Elysée dans la nuit de mardi à mercredi.

Lors de la passation de pouvoir, Gérard Collomb a mis en garde : "Je suis allé dans tous ces quartiers, les quartiers Nord de Marseille, le Mirail à Toulouse, la périphérie parisienne. La situation est très dégradée. Le terme de reconquête républicaine prend dans ces quartiers tout son sens", a-t-il déclaré. À sa prise de fonctions, Édouard Philippe a affirmé à Gérard Collomb : 

"Pendant 16 mois, j'ai pu apprécier la très grande culture qui est la vôtre, le caractère direct de l'expression (...). Vous avez dit, Monsieur le ministre que vous aviez aimé travailler au ministère de l'Intérieur, et bien, je vous dit, Monsieur le ministre, que j'ai aimé travailler avec vous."

Le Conseil des ministres se réunira donc normalement, mais sans Gérard Collomb, mercredi à 10h. En revanche, Edouard Philippe, qui devait se rendre en Afrique du Sud jeudi et vendredi, a annulé son voyage officiel. Longtemps considéré comme un fidèle de la première heure du président de la République, le ministre a dû remettre deux fois sa démission en 48h, Emmanuel Macron l'ayant refusée une première fois ce week-end. 

Macron n'est plus le maître des horloges ?

Après les démissions de François Bayrou en juin 2017 et de Nicolas Hulot le mois dernier, Gérard Collomb est donc le troisième ministre d'Etat à quitter le gouvernement d'Emmanuel Macron. "Assister à cette démission refusée puis imposée par un ministre, c'est quelque chose d'assez étonnant après qu'un ministre d'Etat a déclaré devant les micros qu'il s'en allait sans même prévenir le président de la République (...) : il y a une vraie atteinte à l'autorité du président de la République et à l'autorité du Premier ministre", a estimé le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher. 

Dans le même bord politique, le président de groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a estimé que "Macron n'est plus le maître des horloges, il se laisse imposer le calendrier par ses ministres". Côté socialiste, le vice-président du groupe PS au Sénat Rachid Temal a comparé le gouvernement à "un radeau de la méduse". Dans la majorité, Gérald Darmanin a assuré qu'il n'y a "pas de crise politique" en France :

"Les crises politiques, c'est quand une majorité qui a été élue pour faire une réforme par exemple renverse un gouvernement (...) Le pouvoir à Beauveau est assuré par le Premier ministre". 

Collomb de retour à Lyon

Mardi soir dans un entretien au quotidien rhodanien Le Progrès, celui qui a l'intention de reprendre son poste de Maire de Lyon en vue des municipales de 2020 avait déclaré : "Si un successeur est trouvé dans la nuit, je lui aurai passé les pouvoirs au ministère de l'Intérieur et oui, je pourrai revenir à Lyon"

L'actuel maire de Lyon, Georges Képénékian, a selon plusieurs sources envoyé sa lettre de démission au préfet du Rhône mardi soir. Un vote du Conseil municipal devrait entériner le retour de Gérard Collomb à la tête de Lyon, qu'il a dirigée pendant seize ans. 

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