Le premier débat entre les onze candidats à la présidentielle est pour certains un numéro de voltige à haut risque, et pour d'autres l'occasion d'une inespérée mise en lumière.

Pour les candidats les plus faibles dans les sondages, ce débat est une occasion inespérée de déstabiliser les plus grands
Pour les candidats les plus faibles dans les sondages, ce débat est une occasion inespérée de déstabiliser les plus grands © Modélisation BFMTV

Un débat à onze peut-il vraiment changer la donne ? A moins de trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, ce Grand débat organisé ce mardi soir sur BFMTV et CNews est l'occasion de lancer véritablement la campagne. Une campagne où les candidats peinent encore à être audibles, en raison des affaires judiciaires qui prennent le pas sur les programmes des candidats.

Pour les petits candidats, les moins médiatisés, ce débat est une occasion unique de se retrouver sur le devant de la scène. Avec l'exposition médiatique inespérée qu'il offre, le quart d'heure de temps de parole offert est le moyen d'exister dans la campagne. Tandis que pour les cinq favoris des sondages, les risques de se brûler sont bien plus grands, d'autant plus qu'ils se sont déjà affrontés une première fois, le 20 mars dernier sur TF1, et qu'il ne peuvent se reposer sur leurs acquis.

Pour Philippe Moreau Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences Po, ce sera plus du show politique, profitable surtout aux "petits" candidats. "L’occasion presque unique de briller à la télévision à une heure de grande écoute", explique-t-il. "Les ‘gros candidats’ courent le risque d'âtre banalisés par les 'petits', d’être inaudibles et de montrer des fragilités et d’être attaqués par tous sans avoir le temps de répondre".

Le tempo est également important dans ce genre de débats, car explique Philippe Moreau Chevrolet, l’audience et l’attention déclinent rapidement au cours d'une émission qui en plus sera très longue. "C’est au début qu’il faut exister ce que ne savait pas fare, par exemple, François Hollande qui commençait très doucement pour finir très fort. Il faut donc faire l’inverse".

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Faisant fi des sondages, Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassale se voient déjà au second tour

"Un homme neuf". C'est l'idée sur laquelle s'appuie les six candidats donnés perdants d'office par les sondages. D'après le dernier sondage Ipsos-Steria pour Radio France diffusé la semaine dernière, pas un seul d'entre eux ne peut espérer faire plus de 5% des suffrages.

Pourtant, au moins deux d'entre eux se voient présents au second tour : Jean Lassalle, qui met en avant sa "liberté" et le fait qu'il n'a jamais été au pouvoir et Nicolas Dupont-Aignan, persuadé qu'il peut être "la surprise du premier tour" parce que "différent des autres".

Tout comme Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade ou encore Philippe Poutou, ce débat est l'occasion de rentrer dans le lard des favoris. Puisqu'ils n'ont rien à perdre, ces six candidats ont au contraire tout à gagner à déstabiliser les plus grands.

Jean-Luc Mélenchon veut continuer sa progression, Emmanuel Macron risque de trébucher

L'affaire est un petit peu risquée, pour trois candidats en particulier. D'abord, pour Jean-Luc Mélenchon, qui aimerait bien - dans les intentions de vote - dépasser, rapidement maintenant, François Fillon. Il avait réussi une belle prestation lors du premier débat télévisé, il est donc condamné ce soir, à faire au moins aussi bien s'il veut maintenir sa très bonne dynamique.

Ensuite, ce ne sera pas simple non plus pour Emmanuel Macron, "le favori", et pour François Fillon. L'ancien ministre de l'Économie n'a toujours pas totalement convaincu sur sa capacité à devenir - à 39 ans - le prochain président. Quant à l'ancien Premier ministre, qui a dégringolé de 10 points dans les sondages depuis le début de sa campagne, il n'arrive pas reconquérir - et cela devient urgent - toute une partie de son électorat.

Reste Marine Le Pen et Benoît Hamon. La présidente du FN devrait encore, à priori se limiter à gérer son avance. Pour le candidat PS en revanche, c'est sans doute, ce soir l'opération de la "dernière chance".

Les principaux thèmes de débat
Les principaux thèmes de débat © AFP / Sophie Ramis, Paul Defosseux, Robin Gremmel
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