Mardi, 55 jeunes ont été placés en garde-à-vue suite à des dégradations, la plupart libérés dès le lendemain. Depuis, c'est entre représentants politiques que le torchon brûle...

Le lycée Suger a été le théâtre de graves incidents le 7 mars 2017
Le lycée Suger a été le théâtre de graves incidents le 7 mars 2017 © Maxppp / Le Parisien

Les faits sont encore très confus, mais comme souvent en période de campagne électorale, certains semblent déjà savoir précisément tout ce qui s'est passé et quelles conséquences en tirer. Il faut dire que des scènes de violence au sein même de l'institution de l'école, à 44 jours du premier tour, c'est du pain bénit pour la droite et l'extrême-droite. Depuis trois jours, les mots sont pesés, et les formules choc : guérilla urbaine pour François Fillonqui réclame de la "fermeté", "abdication du gouvernement sur l'autorité" pour Eric Ciotti, besoin de "remettre l'ordre républicain" pour Marine Le Pen et l'élu francilien Wallerand de Saint-Just... Tous ont affiché très visiblement leur indignation.

De son côté Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, s'est rendue sur place pour donner une version plus locale de cette prise de position nationale de fermeté à l'égard des casseurs et de cet angle plus sécuritaire.

"Récupération politique" normale

Du côté du gouvernement, on estime que la réponse a déjà été assez ferme : 55 interpellations quasi immédiates (certains parents du lycée ont d'ailleurs dénoncé un coup de filet et des arrestations arbitraires, estimant que des lycéens sans aucun lien avec les violences se sont retrouvés en garde-à-vue pendant 24 heures sans raison), et des sanctions disciplinaires annoncées en plus de la réponse judiciaire. Huit adolescents ont été présentés à un juge jeudi, et six d'entre eux ont été mis en examen.

Autrement dit pour Najat Vallaud-Belkacem, "la police a fait son travail, les moyens sont mis en œuvre".

Les incidents se sont déroulés le mardi matin. Dès le mardi après-midi, j'étais sur place. Dès le mardi soir, il y avait 55 casseurs interpellés par les forces de police. C'est ça qu'on appelle du laisser-aller, du laisser-faire ? C'est une plaisanterie ?

Elle dénonce aussi l'attitude de Valérie Pécresse, "qui va sur place 48 heures après, accompagnée d'une caméra pour jeter de l'huile sur le feu".

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve est sur la même ligne : aux élus du Front national notamment, qui dénoncent un "laxisme généralisé" et une "culture de l'excuse" dans l'Éducation nationale, il assure que la plus grande fermeté est déjà de mise dans cette affaire.

Il dénonce également "celles ou ceux qui cherchent à exploiter ces violences à des fins électorales". Réplique de Wallerand de Saint-Just, président du groupe FN au Conseil régional d'Ile-de-France, qui estime qu'il n'y a rien de plus normal en temps de campagne : "Bernard Cazeneuve nous dit : vous n'avez pas le droit de vous emparer de ce sujet. On est désolé, mais nous sommes des responsables politiques, Marine Le Pen est en campagne... Sur un évènement très important, il est normal que les responsables politiques le prennent en considération et donnent leur avis !"

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