mosquée
mosquée © MaxPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Le préfet des Yvelines et une association musulmane contestent devant la justice l'intention du maire frontiste Cyril Nauth d'installer à la place de l’ancienne trésorerie municipale un commissariat. Les locaux devaient être transformés en mosquée.Le juge des référés du tribunal administratif de Versailles tranchera aujourd'hui, pour savoir si l'ancienne trésorerie deviendra une salle de prière ou un commisariat.

A Mantes-la-Ville, commune populaire de 20 000 habitants, en banlieue parisienne, l'ancienne trésorerie municipale est devenue le symbole du bras-de-fer qui oppose le maire FN et la communauté musulmane. Cyril Nauth, comme l’association des musulmans de Mantes-Sud (AMMS) souhaitent récupérer les locaux de l’ancienne trésorerie municipale, grande de 300m2. Le premier pour "renforcer la police municipale" en lui offrant des locaux plus vastes, les seconds pour aménager une salle de prière.

Le préfet des Yvelines a contesté le projet de la nouvelle municipalité et saisi le tribunal administratif de Versailles. Le reportage d'Aurélien Colly.

Le juge des référés rendra son ordonnance vendredi après-midi, pour savoir qui du maire FN ou de la communauté musulmane pourra utiliser les locaux de l'ancienne trésorerie.

Le lieu avait été acheté par l'ancien maire PS

L’affaire a débuté fin 2013 : la municipalité PS décide de racheter les lieux à la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines (Camy) pour les revendre à l'AMMS. Mais coup de théâtre, en mars 2014, le FN est élu face à une gauche déchirée, notamment sur le sujet de la mosquée. Deux mois plus tard, le maire Cyril Nauth sèche le rendez-vous chez le notaire pour signer la promesse de vente. La raison ? La proximité du futur lieu de culte avec un cimetière. Autres griefs : des problèmes de circulation et de stationnement", "l'absence de concertation" et en toile de fond, "une opération électoraliste" de sa prédécesseure.

Pour parvenir à ses fins, le 29 juin, le conseil municipal a voté la préemption de l'ancienne trésorerie municipale. Or, celle-ci avait été promise à l’AMMS, qui avait par ailleurs réuni 600 000 euros pour racheter les locaux et y aménager une salle de prière.

Devant ce blocage, le préfet prend le dossier en main en suggérant à la Camy de vendre directement le local à l'association, ce que l'agglo a autorisé en mai 2015. Pourtant, rien n'est fait.

Le préfet des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux, en charge du dossier, a donc décidé de saisir le tribunal administratif de Versailles. La préfecture, rangée du côté des musulmans de Mantes-Sud espère suspendre la décision de la mairie FN d’acquérir par priorité l'ancienne bâtisse. Le juge des référés rendra son ordonnance cet après-midi.

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