manuel valls obtient la confiance des députés
manuel valls obtient la confiance des députés © reuters

Convaincant ou confus ? Socialiste ou... autre chose ? Le discours de politique générale de Manuel Valls divise évidemment, et suscite beaucoup d'interrogations aussi bien dans l'hémicycle que dans l'hexagone.

En 47 minutes de discours, parfois houleuses, Manuel Valls a donc présenté sa feuille de route pour les prochains mois voire les prochaines années. Accélérer, intensifier, rendre plus efficace la politique engagée il y a deux ans : rien de révolutionnaire, rien de totalement décevant non plus, le discours n'a ni franchement convaincu ni complètement déçu.

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"Trop de souffrance, pas assez d'espérance", résume le Premier ministre

Les députés offrent leur confiance

Au-delà des divisions classiques gauche / droite, on trouve des déçus et des conquis un peu partout. Globalement, les élus ont adopté une forme de "confiance critique".

Les députés de gauche ont salué "un rythme et une méthode", quand la droite dénonce un manque de réalisme. Reportage à l'Assemblée de Nasser Madji

C'est peut-être à gauche du PS qu'on est le moins convaincu, Stéphane Leneuf

De son côté, Jean-Luc Mélenchon dénonce sans surprise un discours "aux accents sarkoziens". "Ils continuent de croire qu'une guirlande de bonnes paroles et de nobles intentions suffiront à masquer que dorénavant, c'est comme auparavant", s'agace le leader du Front de Gauche.

Une volonté d'apaisement ?

Dans sa forme, c'est cette volonté de calmer le jeu qui a surtout marqué. Le discours de Manuel Valls prend grand soin d'éviter tout sujet de société clivant, comme le mariage pour tous, la fin de vie ou les affaires de "genre"...

Pour Pascal Perrineau, politologue, l'apaisement est au coeur de cette nouvelle politique

Pour le politologue Dominique Reynié, il y a ici un changement de ton historique pour un leader de gauche

Sur le plan économique, Manuel Valls peine en revanche à convaincre les spécialistes. Le coup de pouce annoncé au Smic (500 euros de plus par an) ?

Bonne idée, mais qui ne va pas assez loin pour Liem Hoang-Ngoc, économiste et député PS au parlement européen

Pas d'enthousiasme non plus, pour des raisons différentes, chez le professeur d'économie Jean-Marc Daniel. Il estime que la baisse du coût du travail annoncée (à hauteur de 30 milliards d'euros) est une bonne chose...

Mais pour lui, elle vise injustement les entreprises qui emploient des bas salaires

Autre zone de flou, le financement des mesures annoncées. L'État et ses agences devront prendre la plus grosse part des économies nécessaires (20 milliards d'euros), l'Assurance maladie et des collectivités locales le reste... Mais il y aurait encore 10 milliards à trouver.

À chaque mesure sa déception... ou son enthousiasme

Plusieurs sujets bien précis posent problème aux principaux intéressés. C'est le cas par exemple de la réforme des rythmes scolaires, dossier rouvert cinq mois avant sa généralisation mais avec une promesse d'assouplissement. Un assouplissement "pragmatique" qui devra tenir compte de la réalité du terrain.

Mais aucune table ronde ne sera organisée pour en discuter avec les enseignants ou les parents. Ce que regrette Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP

En revanche sur la question des régions et des départements, qui devraient être moins nombreuses à terme si l'on suit le projet de Manuel Valls, les élus semblent plutôt convaincus. Le nombre de régions devrait être réduit de moitié d'ici 2017 et les conseils généraux (par département) supprimés en 2021.

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Alain Rousset, président socialiste de l'Association des Régions de France, salue cette mesure

François Goulard, président UMP du Conseil général du Morbihan, est lui aussi plutôt pour une grande région Bretagne

Au-delà des discours (de politique générale ou non), les députés comme les Français attendent désormais de voir comment les mots de Manuel Valls vont se concrétiser... et avec quelle efficacité.

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