Voté par l'Assemblée à la quasi unanimité, l'allongement du congé paternité de 14 à 28 jours, dont 7 jours obligatoires, est examiné cette semaine au Sénat dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS). La droite, majoritaire, a déposé des amendements pour tenter d'en réduire la portée.

Vue du Sénat le 1er octobre 2020
Vue du Sénat le 1er octobre 2020 © AFP / Thomas Coex

"Je ne veux pas que l'on caricature le Sénat", s'empresse de dire Chantal Deseyne, sénatrice d'Eure-et-Loire, à l'origine cette semaine d'un amendement qui veut abroger l'obligation pour les pères de prendre 7 jours à la naissance de leur enfant. Un amendement co-signé par le patron du groupe Bruno Retailleau.

"J'estime que l'allongement du congé paternité est une avancée" explique-t-elle. "Mais il faut laisser la liberté aux pères de le prendre ou de ne pas le prendre."

Moduler, fractionner son congé paternité à souhait donc, pour éviter aussi de mettre en difficulté les petites et moyennes entreprises qui, selon Chantal Deseyne, à certaines périodes de l'année, ne pourraient se passer de leurs salariés pendant 7 jours.

Pas de conflit générationnel, assurent les sénateurs

Un frein et des restrictions souhaités au Sénat, donc alors qu'à l'Assemblée, les députés LR ont eux aussi voté le texte.

"Ce n'est pas le bon combat" soupire le président du groupe LR Damien Abad, "je discute avec de nombreux pères qui ont envie de s'investir et de profiter de leurs enfants, il faut vivre avec son temps".

Thibault Bazin, élu trentenaire de Meurthe et Moselle, est lui plus mesuré. Pas de conflit générationnel, selon lui, entre les deux chambres : "Nous avions, nous aussi, déposé des amendements pour plus de souplesse, mais qui ont été rejetés."

Et de prévenir : "Certaines personnes avec des contrats courts seront pénalisés par ce nouveau dispositif, ils perdront des intérims."

Ce qui expliquerait notamment le deuxième amendement sénatorial porté par Frédérique Puissat, qui vise à appliquer cet allongement de congé seulement aux salariés titulaires d’un CDI ou d’un CDD d’un minimum de 6 mois dans la même entreprise.

Amendements qui, au final, n'ont quasiment aucune chance d'être adoptés. Sur un PLFSS, les commission mixtes paritaires sont rarement conclusives, et en commission des lois, les députés de la majorité reviendront sans aucun doute à la version initiale du texte.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.