Mine de rien, la France vit doucement mais sûrement une véritable révolution de sa hiérarchie des normes en matière de droit du travail. Dans le cadre des négociations sur la modernisation du contrat de travail, le MEDEF a mis sur la table un avant-projet d'accord prévoyant l'instauration d'une séparation à l'amiable entre le salarié et l'employeur. Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy lui-même proposait d'autoriser les chefs d'entreprises et leurs salariés à négocier directement le rachat des jours de RTT non pris, de gré à gré, sans qu'il soit nécessaire de conclure un accord d'entreprise. Le Président de la république aimerait même aller plus loin en donnant suite à une vieille revendication du MEDEF qui souhaite voir disparaitre toute référence légale en matière de droit du travail. Les employeurs seraient tenus de ne respecter que les limitations européennes, c'est à dire 48 heures hebdomadaires de travail. Une condition cependant: le dispositif devrait être négocié avec les syndicats et faire l'objet d'un accord majoritaire, c'est à dire qu'il devrait être signé par des fédérations qui représentent la majorité des salariés. C'est ici peut être que réside la vraie question: dans le rapport social de demain, le contrat prendra sans doute de plus en plus le pas sur l'accord d'entreprise, donc sur l'accord de branche et donc sur la loi. C’est tout le paradoxe. L’individualisation de la relation du travail entre un salarié est un employeur progresse chaque jour. Mais jamais les salariés n’ont eu autant besoin de syndicats forts, suffisamment représentatifs et donc légitimes dans les entreprise pour les défendre.

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