Le grand débat national, voulu par Emmanuel Macron en pleine crise des gilets jaunes, est lancé. La plateforme en ligne est accessible. Qui peut contribuer ? Comment ? Les interrogations sont encore nombreuses.

La plateforme du grand débat national accessible en ligne
La plateforme du grand débat national accessible en ligne © Radio France / Jérôme Collin

C'est parti pour deux mois de discussions. Le lancement du grand débat national a été donné ce mercredi. Emmanuel Macron espère ainsi renouer le dialogue avec les Français, écouter leurs doléances et prendre des mesures en conséquence pour tenter notamment d'apaiser la colère des "gilets jaunes". 

Une plateforme en ligne est ouverte. Dès la connexion au site pour les personnes inscrites, vous pouvez consulter la lettre aux Français du président de la République et organiser des débats locaux. Mais un peu de patience : ce n'est qu'à partir du lundi 21 janvier que vous pourrez déposer vos idées et contributions. La plateforme devrait fermer le 15 mars.

  • Qui peut contribuer ? 

Absolument tout le monde. Il suffit de créer un profil en ligne, en indiquant une adresse mail et un nom d'utilisateur. Vous pouvez donner votre identité mais tout aussi bien choisir un pseudonyme à partir du nom de votre animal de compagnie, si vous voulez rester discret. Pour le reste, il n'y a aucune obligation. La start-up Cap Collectif, qui développe la plateforme, garantit l'anonymat et insiste également sur la protection des données. Elles ne seront pas vendues, elles ne seront pas réutilisées à des fins commerciales.

  • Comment je contribue et à partir de quand ?  

C'est là que ça se complique. Une date à retenir : le lundi 21 janvier, jour à partir duquel il sera possible de donner son avis. Reste à voir sous quelles formes. Le format des contributions n'est pas encore défini car le gouvernement lui-même n'a pas encore tranché. Est-ce que les choses seront cadrées à l'aide d'un questionnaire à choix multiple ? Ou bien les propositions seront-t-elle totalement ouvertes ? Impossible pour le moment d'y répondre.

  • Est-ce que mes propositions peuvent être censurées ?

Non. C'est une crainte régulièrement évoquée par les "gilets jaunes", notamment sur les groupes Facebook. Cap Collectif le certifie : il n'est pas question de juger et d'éliminer les contributions, mais de les regrouper. L'idée n'est pas non plus de hiérarchiser les propositions mais de les thématiser, de les rassembler, puis d'en faire une synthèse pour le gouvernement. Il n'y aura aucun algorithme utilisé, tout le travail sera fait manuellement. 

Ainsi, ce n'est pas parce qu'une idée n'est soumise que par une seule personne qu'elle sera ignorée. À l'inverse, une proposition très régulièrement citée ne sera pas forcément retenue par le gouvernement. C'est à l'exécutif d'en décider. La plateforme va servir de relais entre les Français et le gouvernement et Emmanuel Macron. "On n'émet aucun avis sur la pertinence ou l'originalité d'une proposition. Chaque idée se vaut", assure Cyril Lage, cofondateur de Cap Collectif.

  • Il paraît que je peux organiser des débats dans ma ville. C'est vrai ? 

Oui, et dès maintenant. Une fois inscrit sur la plateforme du grand débat national, vous avez accès à un outil permettant d'organiser un débat en vis-à-vis. Il faudra renseigner le lieu du débat, les thèmes que vous souhaitez aborder. Chacun pourra ensuite y participer. 

Dans les prochains jours, une carte de France sera publiée. Vous pourrez, en fonction de votre positionnement géographique, vous renseigner sur d'éventuels débats tenus près de chez vous. "L'organisateur pourra ensuite faire un compte rendu du débat pour faire remonter les informations et les souhaits des participants", précise Cyril Lage.

  • J'ai entendu parler de kits à télécharger. À quoi ça sert ? 

Ils s'adressent à ceux qui veulent organiser des débats. Ces kits sont locaux et donnent les principaux chiffres à retenir à l'échelle d'un territoire. Pour aider à la discussion, des fiches méthodologiques sont fournies avec une multitude de documents. Accès à la santé, temps de déplacement domicile-travail, accès aux logements, situation de l'emploi : plusieurs thématiques sont abordées.

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