Après les arbitrages d'Emmanuel Macron sur les propositions de la convention citoyenne sur le climat, Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, était l'invité de France Inter dans le journal de 13h. Il dit redouter que le discours du président ne soit pas suivi d'effets.

Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie - Les Verts
Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie - Les Verts © AFP / SYLVAIN LEFEVRE / Hans Lucas

Au lendemain de la vague écologiste qui a déferlé sur de nombreuses grandes villes françaises pour le second tour des municipales, Emmanuel Macron a annoncé ce lundi les mesures qu'il retenait parmi celles proposées par la convention citoyenne pour le climat.

Invité du journal de 13 heures de France Inter, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts Julien Bayou s'est dit "ambivalent : d'une part, c'est une validation des thèses écologistes - et je remercie le travail des 150, c'est une bonne nouvelle que, quand vous mettez 150 personnes a priori pas écologistes dans une salle, et qu'elles délibèrent (...), il en sort du bon sens écolo. Emmanuel Macron ne peut que le constater, peut-être aussi aidé en cela par le score historique des écologistes hier. Par contre, on a déjà eu de beaux discours jamais suivis d'effets", a-t-il déploré, faisant référence "au Grenelle de l'Environnement de Nicolas Sarkozy qui n'avait débouché sur rien".

"La confiance se mérite"

Dans le détail, Julien Bayou déplore le fait que "hormis le moratoire sur les centres commerciaux, tout le reste est quand même renvoyé à plus tard". Il compare ainsi ces annonces à celles d'aide d'urgence à l'automobile ou à l'aérien où "ils sont allés extrêmement vite, y compris sans aucune contrepartie environnementale ni sociale, ce qui signifie que vos impôts vont continuer à financer des licenciements et de la pollution. Par contre, quand il s'agit d'investir dans la rénovation thermique, ce qui était une promesse d'Emmanuel Macron en 2017, c'est pour plus tard. Sur le référendum, on va "explorer la piste."

"Évidemment c'est un engagement, si on a confiance en Emmanuel Macron. Mais la confiance se mérite, et malheureusement, il a souvent déçu sur ce point-là". 

Parmi les propositions rejetées par Emmanuel Macron, celle d'inscrire l'écologie comme principe supérieur dans la Constitution. Le président l'a rejeté en brandissant le risque que cela peut représenter pour les libertés individuelles. Pour Julien Bayou, ce n'est pas la question : "Le principe, et c'est Emmanuel Macron qui l'a dit dans un très beau discours jamais suivi d'effets, c'est que le climat doit être supérieur à la liberté d'entreprendre (...) Il ne s'agit pas d'atteinte à la liberté individuelle, il s'agit de la liberté d'entreprendre. Très concrètement, ces mines d'or que le gouvernement soutient en Guyane qui sont en train de saccager l'Amazonie, il faut en finir avec ça. Si on est cohérent avec l'accord sur le climat, on arrête."

En revanche, le secrétaire national d'EELV dit comprendre que la mesure sur le passage de la vitesse sur autoroute à 110 km/h ait été reportée pour ne pas parasiter le débat : "Je regrette que malheureusement les commentateurs se soient focalisés là-dessus. Ce n'est pas le plus important. (...) Si retirer cet épouvantail permet de mieux avancer, dont acte. Simplement ma crainte c'est qu'on soit dans les beaux discours, et que tout soit réservé à 2021 ou 2022, or c'est maintenant qu'il faut agir."

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