Les nationalistes ont fêté leur très large victoire.

La victoire des nationalistes semble certaine. Elle est en tout cas déjà fêtée
La victoire des nationalistes semble certaine. Elle est en tout cas déjà fêtée © AFP / Pascal POCHARD-CASABIANCA

234 000 électeurs corses étaient appelés aux urnes ce dimanche pour le second tour d'un scrutin sans grand suspens, après les 45% de voix obtenus au premier tour par les nationalistes.

La participation, qui aurait pu éventuellement créer la surprise, n'a pas été au rendez-vous puisqu'à 17h elle était estimée à 44,63%, en baisse de plus d'un point par rapport à dimanche dernier.

La composition de la Collectivité Unique de Corse
La composition de la Collectivité Unique de Corse © Visactu / Visactu

Les deux têtes de liste portées en triomphe 

Témoignage à Olmeta Di Tuda où près de 8 électeurs sur 10 ont voté nationaliste. Pour Laurence,  si les nationalistes ont percé c'est grâce à la personnalité de leur leader Gilles Simeoni. 

La liste "Pe Corsica" a recueilli 56,5% des suffrages exprimés, laissant des miettes à ses adversaires : 18,29% des voix pour la liste de droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni, 12,67% pour La République en marche de Jean-Charles Orsucci et 12,57% pour la liste LR de Valérie Bozzi et la liste 

Gilles Simeoni décroche donc la majorité absolue de la future assemblée de Corse. Le scrutin doit permettre en effet de désigner les 63 élus de la collectivité territoriale unique qui doit remplacer au 1er janvier les deux conseils départementaux et l'actuelle collectivité de Corse.

Les élus nationalistes, réunis dans les locaux de l'ancienne mairie de Bastia, ont entonné des chants traditionnels.

Gilles Simeoni, tête de liste de la coalition nationaliste a évoqué une "tendance qui semble extraordinaire" en faveur de sa liste. "Si ça se confirme, ce sera très fort", a ajouté l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, 5e de la même liste, déjà arrivée largement en tête du scrutin le 3 décembre lors du premier tour.

Le reportage à Bastia de Cyril Graziani

Paris a aujourd'hui à prendre la mesure de ce qui se passe en Corse

Gilles Simeoni souhaitait une victoire la plus large possible, pour que le message adressé à Emmanuel Macron ait des chances d’être entendu à Paris.

Il n'aura pas eu à attendre longtemps pour avoir des nouvelles de l'exécutif puisque Matignon a annoncé peu avant 23H qu'Edouard Philippe a appelé Gilles Simeoni pour lui adresser des "félicitations républicaines" et s'est dit prêt à le recevoir à Paris "dès l'installation de la nouvelle collectivité".

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a tenu lui aussi à assurer "les nouveaux élus de la disponibilité du gouvernement pour, dans un esprit d'écoute, de dialogue et de respect mutuel, accompagner la création de la nouvelle collectivité et répondre aux nombreuses attentes exprimées par les Corses à l'occasion de ce scrutin".

Beaucoup de monde sous le chapiteau installé sur la place du marché de Bastia pour fêter la victoire des nationalistes
Beaucoup de monde sous le chapiteau installé sur la place du marché de Bastia pour fêter la victoire des nationalistes © Radio France / Cyril Graziani

Si la question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour, la coalition espère bien pouvoir avancer sur les sujets qui tiennent à coeur aux nationalistes : autonomie renforcée, amnistie pour les "prisonniers politiques", co-officialité de la langue corse, statut de résident. 

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