Voilà sans doute un titre qui a fait sourire plus d'un lecteur. Samedi, le quotidien Libération annonçait, après l'élection de Dominique Strauss-kahn au poste de Directeur Général du Fonds Monétaire International et non sans une grosse pointe d'ironie: " Enfin un socialiste élu!" Aujourd'hui on peut se demander s'il ne faut pas sourire de nouveau après les premières déclarations de DSK. Le nouveau directeur général plaide en effet avec raison pour une réforme du FMI laissant une plus grande place au multilatéralisme et aux pays émergeants, dont certains, comme la Chine, financent désormais avec leurs réserves de changes colossales l'économie des Etats Unis, pays membre fondateur du FMI. Or, DSK a réaffirmé que seuls les Européens et la Russie devraient abandonner une partie de leurs quotes-parts de vote dans le cadre de la future réforme du Fonds, tout en précisant que cela ne devrait pas se traduire par une réduction du poids des américains. En clair, DSK demande à une partie de ceux qui l'ont fait roi (les Européens) et au pays qui était en concurrence directe avec lui lors de cette élection (la Russie) de faire l'effort principal pour accéder à sa réforme.Les Américains sont les plus gros contributeurs au FMI et disposent du plus gros pourcentage de droits de vote au Conseil d'administration (17,14%). A ce titre, rien ne se décide au FMI sans leur accord. Pourquoi dès lors ne pas leur demander également jouer le jeu pour faire un peu de place aux nouvelles puissances économiques qui sont les principaux moteurs de la croissance mondiale. DSK aurait-il déjà les mains liées? Sa réforme serait-elle déjà plombée avant même d'avoir démarré? Courage Dominique, il reste cinq ans pour y parvenir.

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