[scald=27849:sdl_editor_representation]par Richard Cowan et Rachelle Younglai

WASHINGTON (Reuters) - A deux jours de la date couperet, les parlementaires américains étaient engagés dimanche dans une course contre la montre pour tenter de trouver un accord qui permettrait de relever le plafond de la dette et d'éviter à la première économie mondiale un défaut de paiement.

Le Trésor américain, qui a atteint son plafond d'endettement en mai et a besoin du Congrès pour emprunter davantage, a prévenu qu'en cas d'absence d'accord après le 2 août, mardi, les Etats-Unis risqueraient de ne plus pouvoir remplir leurs obligations vis-à-vis de leurs créanciers.

Si démocrates et républicains s'accordent sur la nécessité de relever le plafond de la dette, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars, les discussions achoppent sur le calendrier et sur le plan de réduction des déficits qui doit accompagner le relèvement.

Après des semaines de bras de fer entre les deux camps, la Maison blanche est sortie de sa réserve samedi en recevant une délégation d'élus républicains pour tenter de débloquer la situation.

"Je pense que nous avons une chance d'y arriver", a estimé samedi Mitch McConnell, chef du groupe républicain au Sénat.

Signe d'une amélioration du climat, le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid, a différé de plusieurs heures le vote sur un plan de relèvement de la dette dont les républicains ne veulent pas entendre parler, afin de donner davantage de temps aux négociateurs des deux camps.

Initialement prévu dans la nuit de samedi à dimanche à 01h00 (05h00 GMT), le vote a été repoussé à 13h00 dimanche (17h00 GMT).

"Des négociations se déroulent actuellement à la Maison blanche en vue d'éviter un défaut de paiement catastrophique sur la dette nationale", a déclaré Reid tard samedi.

INTERVENTION D'OBAMA

Samedi, un projet présenté par les démocrates n'avait pas obtenu la majorité requise lors d'un vote à la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains.

Mais après des jours en retrait, le retour de la Maison blanche en première ligne des discussions est considéré comme un signe positif.

"Notre pays ne sera pas en défaut pour la première fois de son Histoire, cela n'arrivera pas", a affirmé le républicain Mitch McConnell, se disant "confiant et optimiste" quant aux possibilités de parvenir dans les temps à un accord bipartisan.

"Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant un accord négocié, mais j'ai ce soir un sentiment assurément plus positif que ces derniers temps", a déclaré de son côté Richard Durbin, le numéro deux du groupe démocrate au Sénat.

Les républicains tiennent à ce qu'Obama s'implique dans les discussions pour avoir la garantie qu'il n'opposera pas son veto à un possible accord négocié au Congrès.

Le chef de la Maison blanche est intervenu samedi pour la deuxième fois en deux jours afin d'exhorter les parlementaires des deux bords à conclure un accord et à repousser le spectre d'un défaut qui serait à ses yeux "impardonnable".

"Il y a maintes façons de résoudre ce problème", a dit Obama dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire. "Le Congrès doit trouver un terrain d'entente sur un plan que les deux parties puissent approuver à la Chambre. Et il doit s'agir d'un plan que je puisse signer d'ici mardi."

Les démocrates proposent de réduire les dépenses publiques de 2.200 milliards de dollars sur dix ans. Le projet concurrent des républicains prévoit une réduction du déficit d'environ 900 milliards de dollars sur dix ans et un relèvement à court terme du plafond de la dette avant une nouvelle décision au printemps 2012, en pleine année électorale.

Henri-Pierre André et Marine Pennetier pour le service français

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