François Fillon, malgré les défections dans son camp, poursuit ses meetings et refuse d’abandonner la campagne. Chez les Républicains, le nom d’Alain Juppé circule à nouveau.

Alors que les défections se succèdent chez les soutiens de François Fillon, ceux d'Alain Juppé s'organisent
Alors que les défections se succèdent chez les soutiens de François Fillon, ceux d'Alain Juppé s'organisent © AFP / NICOLAS TUCAT

Entre convocation, et les défections en cascade dans son camp, la semaine a été difficile pour François Fillon. Le candidat désigné par les primaires de la droite continue pourtant sa stratégie : se présenter comme un combattant qui refuse d'abandonner. En meeting jeudi soir à Nîmes, près de 3000 militants ont chauffé la salle, prêt à soutenir leur candidat. Un public passionné, prêt à huer les médias : François Fillon a vécu une "parenthèse enchantée", explique notre reporter Estelle Schmidt :

L'hyphotèse Juppé

C'est une course contre la montre qui se joue : de leur côté, les juppéistes ont démarré une offensive anti-Fillon en lâchant les uns après les autres le candidat de la droite à la présidentielle, avec l'espoir de le remplacer par le maire de Bordeaux, à 15 jours de la clôture des parrainages.

Face aux déclarations de François Fillon sur le maintien de sa candidature, de nombreux élus ont aussitôt réagi : "Impossible de continuer dans ces conditions". Un ancien ministre met en garde :

Il faut que Juppé sorte rapidement du bois, s'il ne le fait pas dans les quinze jours qui viennent, nos cadres filent chez Macron, notre électorat chez Marine Le Pen

L'inquiétude est d'autant plus forte que le programme présenté jeudi par l'ex-ministre de l'Economie, d'inspiration social-libérale, peut attirer une droite en mal de leader.

Juppé, "ce serait une hypothèse qui ressouderait" les troupes centristes, selon un élu. Quant à Alain Juppé lui-même, il attend le moment opportun. "Je ne peux rien dire à ce stade", confiait-il mercredi à l'AFP.

De son côté, François Fillon sait lui aussi qu'il ne lui reste que deux petites semaines avant le gong. S'il tient, grâce à la "légitimité" que lui confère sa large victoire à la primaire de la droite, le 17 mars, il aura sauvé une candidature désormais irréversible. Lors de son meeting à Nîmes, il s'est montré catégorique :

Les élus? On fera sans eux (...) Je m'appuie sur les Français

L'ex-Premier ministre aura l'occasion de mesurer jusqu'à quel point il le peut, dimanche, lors du rassemblement qu'organise pour lui, place du Trocadéro à Paris, le courant Sens commun, proche de la Manif pour tous.

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