congrès extraordinaire de l'ump en octobre après la démission de jean-françois copé
congrès extraordinaire de l'ump en octobre après la démission de jean-françois copé © reuters

Jean-François Copé, sous pression depuis la cascade de révélations sur des malversations présumées à l'UMP durant la campagne présidentielle de 2012, démissionnera le 15 juin de la présidence du parti, qui organisera un congrès extraordinaire en octobre pour renouveler sa direction et sa ligne politique.

Le député-maire de Meaux a pris cette décision à l'issue d'un bureau politique tendu au cours duquel il a réaffirmé son innocence dans "l'affaire Bygmalion", un montage présumé de fausses factures pour environ 11 millions d'euros pour masquer des dépassements de frais de Nicolas Sarkozy en 2012.

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L'ensemble de la direction de l'UMP, née de l'élection contestée en 2012 de Jean-François Copé face à François Fillon, passera le relais le 15 juin à une direction collégiale chargée de préparer le congrès de l'automne.

Trois anciens Premiers ministres pour assurer la transition

C'est un triumvirat constitué des anciens Premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon qui assurera la transition. Lors d'une conférence de presse à Bordeaux, Alain Juppé a souhaité que le candidat à la présidence de l'UMP s'engage "à ne pas être candidat aux primaires", en vue de la présidentielle de 2017.

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Le président fondateur de l'UMP en 2002 a lui-même écarté son intention de briguer la direction du parti, affirmant en avoir "épuisé les charmes".

"Qui est responsable, où est la vérité ?", demande Fillon

Au lendemain des révélations de l'avocat de Bygmalion, société de communication mise en cause dans l'affaire, et du bras droit de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, sur un système de fausses factures à l'UMP, Jean-François Copé a réaffirmé qu'il avait été "abusé" et qu'il ne savait rien de ces pratiques, tout comme Nicolas Sarkozy.

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Plusieurs intervenants, dont Nathalie Kosciusko-Morizet, lui ont dit ne pas le croire. "Nous t'avons écouté avec attention Jean-François, mais comment avoir confiance ?", a dit François Fillon selon le texte de son intervention. "Qui est responsable de cet incroyable gâchis, où est la vérité?", a-t-il lancé en lui demandant de se mettre en réserve le temps de l'enquête.

"Une nouvelle maison UMP"

L'ex-trésorier Dominique Dord, qui avait démissionné de son poste en novembre 2012 au plus fort de la guerre Fillon-Copé, a laissé percer sa colère d'être impliqué dans l'enquête, en lançant à Jean-François Copé "Barre-toi!", sous des applaudissements.

Alors que la majorité de gauche et le Front national jugent l'UMP en lambeaux, les ténors du parti estiment au contraire que ce traitement de choc a permis de le sauver. "Notre devoir collectif : prendre de vitesse tous ceux qui parient sur notre mort politique", a écrit sur Twitter François Fillon, qui entend se présenter à la présidentielle de 2017.

Pour Eric Ciotti, le congrès automnal permettra de reconstruire "une nouvelle maison UMP sur des fondations solides" susceptible de gagner la prochaine présidentielle. Au-delà de l'incarnation de la future direction - aucun candidat ne s'est fait connaître à ce stade et peu de prétendants semblent prêts à aller au front -, la ligne idéologique du parti, entre "droite décomplexée" et gaullisme modéré, sera au coeur du congrès de la mi-octobre.

"Refonder l'union de la droite et du centre"

"L'UMP a été créée en 2002 pour unifier la droite et le centre, il faut que l'on refonde cette union", a dit Nathalie Kosciusko-Morizet. "Il y a des Français qui espèrent en nous pour une alternance" face au "FN qui prospère sur la désespérance". Le FN a devancé l'UMP aux européennes.

Cette ligne est défendue notamment par Alain Juppé, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin ou François Baroin, mais les partisans de "La Droite forte" veulent imposer leurs idées. Guillaume Peltier, cofondateur du courant, a plaidé pour "une nouvelle génération" qui porte "des idées nouvelles".

La future direction de l'UMP sera chargée d'organiser les primaires d'investiture, vraisemblablement en 2016, pour la présidentielle de 2017.

L'affaire Bygmalion
L'affaire Bygmalion © Radio France
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