La députée La République en Marche, qui s'est toujours montrée très hostile à la PMA, est passée pour la deuxième fois devant la commission de discipline. L'élue de l'Oise a été exclue du parti, alors que s'ouvriront en septembre les débats sur la loi bioéthique, lors de l'examen du projet de loi à l'Assemblée.

La députée de La République en Marche, Agnès Thill s'est toujours montrée très hostile à la PMA.
La députée de La République en Marche, Agnès Thill s'est toujours montrée très hostile à la PMA. © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Cette fois-ci, la coupe est pleine pour la direction du parti. Dans un communiqué diffusé ce mercredi après-midi, la commission de conflits de LREM, a estimé que les propos d'Agnès Thill "sont préjudiciables à la cohésion du mouvement et nuisent à son image alors que l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) va faire l'objet dans les semaines qui viennent de débats à l'Assemblée nationale".

Son exclusion n'est pas une surprise comme en témoignent les déclarations de Stanislas Guerini à son sujet. Sur France Inter en avril dernier,  le délégué général de la République en Marche reconnaissait : "Il ne me semble pas illégitime de prononcer son exclusion", a t-il ajouté "car de façon répétée, elle a tenu des propos qui mettaient de l'huile sur le feu et qui ne sont pas conformes à nos valeurs".

Quelques jours avant cette décision de soumettre une nouvelle fois Agnès Thill à une commission, cette dernière avait tweeté, au sujet de Gabriel Attal, "Au moins la couleur est annoncée" à propos du coming-out du secrétaire d'État.

Elle s'était ainsi attiré les foudres de membres du gouvernement et de députés en Marche. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait ainsi vertement répliqué à la députée : "les mots qui blessent, les paroles qui ostracisent disqualifient - toujours - leurs auteurs et leurs thèses. Chacun de tes tweets t’éloigne de ce que nous sommes, de nous, mais pire, ils t’éloignent des valeurs que tu penses servir."

Agnès Thill n'en était pas à sa première remarque hostile à la PMA et aux homosexuels. Dans une interview donnée à Oise Hebdo, elle évoquait le "bébé médicament" pour parler des enfants conçus par PMA. "Un enfant n'est pas un médicament... Est-ce que je lui donne un enfant parce qu'elle souffre ?" interrogeait-elle au sujet des femmes seules qui demandent à avoir recourt à la Procréation médicalement assistée.

"Quoi que je dise sur ce sujet, je suis traitée d'homophobe"

Le 5 juin, dans le magazine L'Incorrect, fondé par des personnalités de droite et extrême droite, cette catholique pratiquante affirmait que la future révision des lois de bioéthique, "restera dans l'Histoire comme celle qui aura évincé les pères de la naissance et de l'éducation des enfants".

Ce texte prévoit l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Il est issu d'une promesse présidentielle et doit être soumis au Parlement fin septembre.

Si le délégué général de LREM Stanislas Guerini a promis une "liberté de vote des Marcheurs", de son côté l'ancienne institutrice affirme être utilisée au sein de son parti : "Dès le début, le mouvement a vrillé et mal pris la chose... Il aurait fallu se servir de moi comme gage et dire : 'Regardez, on a une vraie pluralité dans le groupe. On a même le droit d'être contre.' Mais la vérité, c'est que quoi que je dise sur ce sujet, je suis traitée d'homophobe."

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