Le premier grand débat des européennes a lieu ce jeudi à 21h, à vivre sur France Inter et France 2. Les têtes de listes sont déjà en train de préparer ce rendez-vous, qui marquera le vrai lancement de cette campagne. Vrai-faux débat, angles d’attaque, ambitions : on a fait le tour de la question.

L'élection des eurodéputés français est prévue le 26 mai
L'élection des eurodéputés français est prévue le 26 mai © Maxppp / Lionel Vadam

François-Xavier Bellamy

Slogan : "Pour la France : transformer l’Europe"

Le jeune professeur de philosophie ne fait pas de ce débat l’alpha et l’omega de sa campagne. Il continue les déplacements cette semaine, prévoit peu de réunions à ce sujet. François-Xavier Bellamy est "serein", dixit son équipe : "Il sait que, dans ce genre d’exercice, il faut marteler un même message pour que les Français s’en souviennent". Celui-ci est déjà prêt : "Oui à l’Europe, non à Macron et Le Pen, nous sommes la troisième voie."

Manon Aubry 

Slogan : dévoilé ce mardi matin

Les Insoumis ont décidé d’organiser un débat à blanc au siège du mouvement. Des députés et des salariés du parti vont donc jouer le jeu du débat. "Ce ne sera pas compliqué d’imiter les candidats les plus caricaturaux comme Loiseau et Bardella", explique un conseiller de la candidate. Manon Aubry va donc bénéficier de ce tour de chauffe. L’ex-porte-parole de l’association Oxfam va chercher avec ce premier débat à sortir de l’anonymat. Jean-Luc Mélenchon la conseille pour cela. "Attention à ne pas être trop lisse ! Il faut réagir, interrompre, rester concentré jusqu’au bout", explique un de ses colistiers. 

Yannick Jadot 

Slogan : "Tout commence avec vous"

L'agenda est léger ces jours-ci pour le candidat écologiste : aucun déplacement n'est prévu avant jeudi soir. Yannick Jadot prend le temps de se plonger dans les votes du Parlement européen : "Qui a voté quoi ces dernières années ? Quels décalages entre les discours et les votes ?". Le député européen va chercher à mettre chacun des candidats face à ces contradictions. Il veut se concentrer sur les questions européennes : "Pas question d’un débat pour ou contre Macron". Le principal message qu’il veut faire passer est le suivant : "Il faut sauver l’Europe, pour sauver le climat"

Raphaël Glucksmann

Slogan : en cours d’élaboration      

Ce sera un vrai baptême du feu pour l’essayiste, qui n’est habitué ni aux plateaux télés, ni au débat politique. Raphael Glucksmann n’est donc pas le moins stressé des candidats. Il se rassure en échangeant notamment avec Olivier Faure. Le patron du PS vient de participer à un débat des chefs de partis sur BFMTV. "Il va essayer de ne parler que d’Europe, ne nous trompons pas d’élection", commente un membre de son équipe, qui lui prépare des tas de fiches thématiques. "Mais la meilleure préparation, c’est d’être en forme, le jour J", ajoute-t-il.

Jean-Christophe Lagarde 

Slogan : "Une France forte dans une Europe fédérée"

C’est une première pour lui aussi. Le patron de l’UDI part avec une ambition limitée, mais sans doute réaliste : "développer trois ou quatre idées fortes sur l’Europe". "Nous partons, c’est sûr, avec un déficit de notoriété, puisque nous ne sommes jamais partis seuls, sous nos couleurs, à une élection", ajoute un fidèle de l’UDI. Le député de Seine-Saint-Denis tentera donc de se distinguer des candidats LR et LREM, François-Xavier Bellamy et Nathalie Loiseau.

Nicolas Dupont-Aignan 

Slogan : "Les Français ! En résistance !"

C’est sans doute le plus expérimenté des neuf invités. Candidat à la présidentielle en 2012 et 2017, Nicolas Dupont-Aignan est aussi l’un des rares chefs de parti à être tête de liste aux Européennes. Sur le plateau, il va surtout chercher à déstabiliser son principal adversaire dans cette campagne : François-Xavier Bellamy. "Prouver qu’il y a un immense fossé entre son discours et ce que ses amis LR ont voté à Strasbourg", explique un membre de son équipe. Le patron de Debout la France va bénéficier d’un tirage au sort favorable : il sera le premier et le dernier à prendre la parole, avec en plus un pupitre au centre.

Jordan Bardella

Slogan : "Donnons le pouvoir au peuple"

La tête de liste du Rassemblement National compte se servir de son expérience de porte-parole. Il a participé ces deux dernières années à des dizaines de débats sur les plateaux des chaînes d’info. Voilà pour la forme, quant au fond : "Il est en campagne depuis début janvier, c’est un gros avantage", explique un membre de son staff. "Il maîtrise maintenant tous les sujets". Jordan Bardella espère un débat "projet contre projet". Et il compte, comme Nicolas Dupont-Aignan, "mettre le candidat LR face à ses contradictions", en rappelant les derniers votes des élus LR au Parlement européen, sur la question de l’immigration notamment.

Nathalie Loiseau

Slogan : en cours d’élaboration / Nom de la liste : "Renaissance"

L’ancienne ministre veut rendre ce débat le plus concret possible. Elle essaie, en ce moment, de traduire son projet européen dans le quotidien des Français. L’ex-patronne de l’ENA prépare cela comme un grand oral avec ses équipes : "Elle veut en faire une explication de texte, et non une série de punchlines". Nathalie Loiseau aura un adversaire tout au long de ce débat : Jordan Bardella, le candidat du Rassemblement national. "Nous allons déconstruire son discours de haine", espère un marcheur. Elle n’a prévu ni déplacement, ni débat à blanc d’ici à jeudi.

Ian Brossat

Slogan : "Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent"

"C’est un débat structurant", reconnaît le candidat communiste, "il faut donner le ton". Il compte faire la différence avec son prisme social, et sa liste composée à moitié d’ouvriers. Il va rappeler aussi l’opposition historique du PCF à tous les traités européens. Comme son adversaire, Jordan Bardella, il est en campagne depuis plusieurs mois, et considère donc qu’il a déjà bien rodé ses argumentaires, avec 40 réunions publiques à son actif. "Mais ne comptez pas sur lui pour être le plus agressif, il veut surtout être le plus clair possible", explique un de ses soutiens.

Florian Philippot

Slogan : "Avec le Frexit, sortons de l’Union Européenne"

L’ancien vice-président du FN ne se fait guère d’illusions. "Beaucoup de Français vont découvrir, à cette occasion, que nous sommes candidats aux européennes", reconnaît-il. Le président des Patriotes va défendre la sortie de la France de l’U.E., le Frexit. "J’étais vendredi dernier à Londres aux côtés de Nigel Farrage, le promoteur du Brexit, j’ai mille et un arguments pour le défendre", explique Florian Philippot, qui compte aussi bousculer son ancien camarade du RN, Jordan Bardella. "Je vais, pour la première fois, le mettre face à ses contradictions", dit-il, "il nous fait croire aujourd’hui que l’Europe peut changer de l’intérieur, alors qu’il n’y croyait pas une seconde il y a 2 ans".

François Asselineau

Slogan : en cours d'élaboration

Candidat à la présidentielle en 2017, François Asselineau avait eu l’occasion de participer au débat du premier tour. Il va, à nouveau, défendre le Frexit, et s’attend à des échanges très vifs sur ce thème. "Heureusement, que la justice nous donne raison", dit-il, "comment est-ce possible qu’à l’heure des 'gilets jaunes', les médias fassent encore le tri entre les candidats et condamnent au silence certaines listes ?". Le président et fondateur de l’UPR espère que ce débat sera "un tournant de la campagne", qu’il permettra "aux Français de découvrir ce projet". Il n’a aucune envie, en revanche, de rentrer "dans une gué-guerre" avec Florian Philippot, qui défend quasiment le même projet. "Les téléspectateurs en ont marre de ces petites batailles, on va parler du fond", espère François Asselineau.

Benoît Hamon

Slogan : en cours d'élaboration

Il a failli ne pas être sur la photo. Mais Benoît Hamon a gagné sa bataille judiciaire face à France Télévisions. Il va donc pouvoir apporter "sa singularité" face à Raphaël Glucksmann et Yannick Jadot, qui occupent à peu près le même couloir dans cette campagne. "Les Français vont découvrir que notre projet est inédit", assure une membre de Génération.s. Mais c’est une course contre la montre pour l’ancien socialiste, qui a, maintenant, moins de 48 heures pour travailler le déroulé de ce débat. "Heureusement, sur la forme", ajoute-t-elle, "il a l’habitude de descendre dans l’arène". Benoît Hamon avait participé à tous les débats de la présidentielle de 2017.

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