Le débat de ce mardi 4 avril avec 11 candidats est une première, à trois semaines du premier tour de la présidentielle. Tour d'horizon de son organisation.

Les onze candidats, dont l'ordre a été tiré au sort, seront disposés en arc de cercle autour des deux journalistes
Les onze candidats, dont l'ordre a été tiré au sort, seront disposés en arc de cercle autour des deux journalistes © Radio France / Alexandra Ackoun

Jamais dans la campagne présidentielle française, un débat de premier tour n'avait réuni autant de candidats. Mardi soir, sur BFMTV et CNews, les onze candidats à la présidentielle vont débattre tous ensemble pour la première et peut-être la seule fois de cette élection.

A moins de trois semaines du scrutin, ce "Grand débat" très particulier devient le rendez-vous "incontournable" de ces élections, d'autant plus que celui sur France 2, programmé le 20 avril prochain, est jugé mal planifié et essuie déjà le refus d'un candidat, Jean-Luc Mélenchon, et les réserves de François Fillon et Emmanuel Macron.

"Eviter la foire d'empoigne"

Réussir ce débat à onze représente un double enjeu pour les deux chaînes partenaires : parvenir à "éviter la foire d'empoigne" et réunir un maximum de téléspectateurs, quand le débat entre les cinq candidats favoris a rassemblé 10 millions de personnes le 20 mars dernier sur TF1.

Les débatteurs seront disposés en arc de cercle autour des deux journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari. L'ordre, tiré au sort, place François Fillon sur la gauche, puis Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron et enfin, François Asselineau.

"Le Grand Débat" durera 3 heures 30, à partir de 20H40, avec une coupure publicitaire. Devant 220 personnes, essentiellement leurs proches, les candidats seront interrogés sur trois thèmes : "comment créer des emplois", "comment protéger les Français" et "comment mettre en oeuvre votre modèle social". A chaque question, les prétendants à l'Elysée auront 1 minute 30 pour répondre et pourront s'interpeller. Chacun aura 1 minute d'introduction et 1 minute de conclusion. Soit un quart d'heure de temps de parole par candidat.

"Si tout partait en vrille, ce ne serait bon pour personne"

A la demande d'une majorité des candidats et après suggestion d'un proche de Benoît Hamon, les téléphones portables seront proscrits. Même si les organisateurs ont précisé qu'ils n'avaient pas l'intention de "faire les poches" des candidats.

"On n'est pas là pour une foire d'empoigne à onze, ce serait catastrophique, a jugé Alain Weill, directeur général de SFR Média, propriétaire de BFMTV, il faut que tous en aient conscience, notamment ceux que l'on peut appeler les petits candidats". "Si tout partait en vrille, ce ne serait bon pour personne. C'est de l'intérêt de tous se mettre au niveau d'un débat présidentiel", dit-il avant d'assurer que le débat sera "sans surprise et sans comique à la fin", car "ce n'est pas un spectacle".

Qui du débat du 20 avril ?

La polémique a surtout porté ces derniers jours sur le second débat prévu le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour et 24 heures avant la période de réserve précédant le scrutin. Cette date si proche empêcherait, selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel, un candidat de se défendre si une nouvelle polémique électorale devait émerger.

Après la défection de Jean-Luc Mélenchon et la forte hostilité de François Fillon et Emmanuel Macron, le FN a réclamé que les "conditions de la loyauté, de la neutralité soient réunies".

La date du 20 avril a néanmoins été confirmée par France 2, faute de consensus sur une autre. Une "écrasante majorité" des onze postulants ont donné leur aval, selon Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. "Il faut que toutes les occasions d'y voir clair pour les électeurs, dans cette campagne un peu confuse, soient permises", a plaidé dimanche M. Hamon.

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