Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a confirmé samedi qu’il demandait la dissolution du groupuscule d'extrême-droite Génération Identitaire, qui s’est illustré notamment dans des opérations aux frontières pour décourager l’arrivée de réfugiés.

Des militants de "Génération identitaire" tentent de déployer une bannière lors d'une manifestation contre le racisme et les violences policières le 13 juin 2020
Des militants de "Génération identitaire" tentent de déployer une bannière lors d'une manifestation contre le racisme et les violences policières le 13 juin 2020 © AFP / Antonin Burat / Hans Lucas

C'est une décision qui était dans les tuyaux depuis longtemps, même avant l'arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur. Deux jours après avoir débattu avec Marine Le Pen, ce dernier a donc confirmé samedi le début de la procédure de dissolution de "Génération identitaire".

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Cette décision n’est pas une surprise non plus pour les principaux intéressés. Le porte-parole de "Génération identitaire", Clément Martin, sait que depuis 2012, l’association est dans le viseur des gouvernements successifs : "Manuel Valls a déjà voulu nous interdire, nous venions de nous fonder, Christophe Castaner ministre de l'Intérieur l'a tenté aussi. Gérald Darmanin aujourd'hui le fait. Il y a là clairement une opération politique : au moment où des sondages montrent que Marine Le Pen pourrait accéder au second tour, Emmanuel Macron entend donner des gages à gauche. Aux islamistes des quartiers aussi."

La question de la violence des actions au cœur du débat

Il conteste le caractère violent des actions menées aux frontières dans les Alpes et dans les Pyrénées pour intimider, voire repousser "de force" les migrants. "Nous n'avons fait que déployer des banderoles, aucune action violente. C'est de l'agit'prop", se défend le militant identitaire, combattant assumé contre l'immigration et l'islam, qu'il qualifie "d'invasif". "D'ailleurs nous avons été relaxés dans l'affaire de l'action dans les Alpes."

"Génération Identitaire" avait été condamné en première instance, puis relaxé en appel dans cette affaire. Il y a toutefois eu d'autres condamnations judiciaires de militants du groupe (pour l'occupation du toit de la CAF de Bobigny en 2019 et celle du toit du siège du Parti socialiste en 2013). En juin 2020, une relaxe avait été prononcée en appel dans l'affaire de l'occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers, en grande partie basée sur une erreur de procédure du parquet.

À gauche, en revanche, on applaudit : Éric Coquerel, député La France Insoumise, très investi sur les questions républicaines, estime que "Génération Identitaire" est tout sauf pacifiste quand on regarde l'ensemble de leurs actions. "Ils se sont illustrés aussi par des actions d'intimidations dans les métros de Lyon ou de Lille. Habillés en noir, ils agissent comme de véritables milices. Il était temps de faire cesser ces actions factieuses."

"Génération identitaire" a désormais 10 jours pour contester sa dissolution. Mais il est plus que probable que dans 15 jours, le conseil des ministres avalise la décision du ministère de l'Intérieur.

Cela pourrait n'être que le début d'une bataille juridique entre l'association et le ministre de l'Intérieur. Ce dernier avait déjà vu sa décision de dissoudre, en novembre dernier, le CCIF ("Collectif contre l'Islamophobie en France") très contestée, notamment devant le Conseil d'État, via un recours pour excès de pouvoir. La Ligue des Droits de l'Homme avait aussi fait part de sa "profonde inquiétude" face à "une atteinte à l'État de droit", estimant que le décret de dissolution dévoilait des raisons "avant tout d’ordre politique".

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