Pour la première fois depuis le début du quinquennat des voix s'élèvent au sein de la majorité. Elles dénoncent le projet de loi "asile-immigration" examiné à partir de lundi à l'Assemblée nationale.

Certains députés LREM ne voteront pas la loi asile-immigration. D'autres, comme Martine Wonner, réclament au moins le droit d'en débattre
Certains députés LREM ne voteront pas la loi asile-immigration. D'autres, comme Martine Wonner, réclament au moins le droit d'en débattre © AFP / Stéphane de Sakutin

Le projet de loi prévoit notamment d'allonger la durée maximum de rétention administrative de 45 à 90 jours et la possibilité de retenir des familles -et donc des enfants- dans des centres de rétention. Certains députés ne voteront pas la loi débattue à partir de lundi.

Jean-Michel Clément est le premier député de la majorité à le dire aussi clairement. Il votera contre. "Je n'ai pas envie de voter un texte qui est contraire à tout ce que je suis, à tout ce que je pense", lâche-t-il. "Je suis fidèle à mes idées, ce n'est pas de l'indiscipline".

Sans aller jusqu'à voter contre, certains ont choisi de se faire entendre. Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, va s'abstenir "Après plus de trois mois de travail intensif, de rencontres avec les acteurs impliqués, de séances collectives au sein du groupe LREM, de propositions, de recherche de convergence et après mûres réflexions, j'ai pris ce jour la décision difficile de ne pas voter POUR la loi asile et immigration" écrit-il. D'autres pourraient faire de même.

Ce comportement agace le patron des marcheurs à l'Assemblée, Richard Ferrand, qui agite la menace de sanctions. Jean Michel Clément le déplore : "Si je dois être exclu en raison de mes valeurs, j'en serais profondément attristé, parce que je me serais trompé en rejoignant En Marche", déplore l'élu de la Vienne. "La fidélité à ses idées a peut-être un prix. Si elle conduit à être sanctionnée, j'en tirerais les conséquences". Il n'exclut donc pas de quitter En Marche, un mouvement auquel il dit aujourd'hui ne pas se sentir "fier d'appartenir".

D'autres parlementaires hésitent encore

Cinq députées ont été reçues jeudi soir pendant près de deux heures par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, avec pour objectif de poursuivre le dialogue. Parmi elles, Martine Wonner : "Les députés de la majorité ne sont pas des soldats ! Nous ne sommes pas à l'armée. On est des femmes et des hommes avec des légitimités et des parcours professionnels très riches et très différents. Il faut continuer à nous donner l'autorisation d'alimenter les débats", plaide l'ancienne cadre du Samu social de Paris. 

Mardi, Richard Ferrand a rappelé à l'ordre les contestataires de son groupe, les incitant à renoncer à défendre des amendements dans l'hémicycle. En dépit de cet avertissement, une vingtaine de députés ont déposé des amendements.

Les débats qui commencent lundi risquent donc d'être houleux. Mais ça n'inquiète pas les cadres du parti : "Ce sera 'finger in the nose'"- les doigts dans le nez- prédit même l'un d'eux.

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