Avec l'arrivée en tête de la République en marche dimanche, le premier tour de l'élection législative est difficile pour Les Républicains, le Front national et le Parti socialiste.

Jean-Christophe Cambadélis a reconnu un recul "sans précédent" de la gauche et du PS, à l'annonce des résultats du premier tour des législatives.
Jean-Christophe Cambadélis a reconnu un recul "sans précédent" de la gauche et du PS, à l'annonce des résultats du premier tour des législatives. © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

La déferlante En marche ! fait le bonheur d'Emmanuel Macron et des dirigeants du mouvement, au premier tour des législatives. Arrivée en tête avec 32,2% des suffrages, la République en marche balaie sur son passage les partis historiques.

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"Recul sans précédent de la gauche"

Plus durement touché, le Parti socialiste passe de 331 sièges dans la précédente Assemblée à, au mieux, 35 sièges à l'issue du second tour dimanche prochain. Son Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a reconnu "un recul sans précédent de la gauche" et du PS. Il appelle cependant à la mobilisation au second tour, pour lutter contre "l'unanimisme" : "Si cette majorité absolue est encore amplifiée, elle sera quasiment sans opposition réelle et nous aurons donc une Assemblée nationale sans véritable pouvoir de contrôle."

"Le PS est mort" a renchéri Marine Le Pen. La présidente du Front national a appelé ses électeurs à se rendre "massivement" aux urnes dimanche pour le second tour. Le FN, qui pourrait obtenir de 3 à 10 sièges, selon Ipsos Sopra Stéria, veut se placer dans l'opposition "à la politique catastrophique que nous prépare Emmanuel Macron".

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Même appel à la mobilisation pour Florian Philippot. Qualifié au second tour dans la sixième circonscription de Moselle, le numéro 2 du FN a admis "une déception" pour le FN. Il a regretté, sur France 2, "avoir payé l'abstention".

Jean-Luc Mélenchon dénonce une situation politique "totalement instable"

La France insoumise reste sur sa faim. Jean-Luc Mélenchon, le leader du mouvement, a mis en avant l'abstention record, premier parti de France : "L'immensité de l'abstention montre qu'il n'y a pas de majorité dans ce pays pour détruire le Code du travail, réduire les libertés publiques ni pour l'irresponsabilité écologique ni pour cajoler les riches, toutes choses qui figurent au programme du parti du président"

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Contrairement au second tour de la présidentielle, où Jean-Luc Mélenchon n'avait pas donné de consigne de vote officielle, le leader de la France insoumise a cette fois-ci appelé ses électeurs à ne pas favoriser l'élection d'un député FN : "Attention à ne jamais permettre l'élection d'un député du Front national, car c'est à nous qu'il en coûte le plus, le peuple populaire."

Une abstention "extrêmement préoccupante"

A droite, on s'inquiète aussi de l'abstention, à l'image de François Baroin : "L'abstention s'est amplifiée, elle est extrêmement préoccupante." Le chef de file Les Républicains pour les élections législatives, a lui aussi exprimé sa déception à l'annonce des résultats, tout en se félicitant du nombre de candidats investis sous les couleurs de LR qui seront opposés à la REM au second tour et appelé à "un sursaut indispensable" : "Si la coalition En Marche / Modem vire en tête au premier tour, le second tour opposera quant à lui dans la plupart des circonscriptions un candidat de la droite et du centre à un candidat En Marche."

Quid des consignes de vote contre le FN ? Contrairement à la France insoumise, LR se montre moins tranché. Son secrétaire général, Bernard Accoyer, a rappelé qu'il n'y avait pas "d'accord d'appareil" au sein du parti, entre la frange centriste, plus favorable à la REM, et la frange plus à droite. De fait, s'il y a consignes de vote, ce sera au cas par cas : "Ce qui compte pour nous, c'est de faire campagne, d'expliquer ce qu'est le programme d'En marche et juger dans chaque circonscription, en fonction de la situation du premier tour, si nous donnons une consigne de vote, s'il faut en donner une."

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