François Hollande annonce la fin de la révision constitutionnelle
François Hollande annonce la fin de la révision constitutionnelle © France 24

À la sortie du conseil des ministres, le président de la République a annoncé la fin du projet de révision constitutionnelle, qui fait controverse depuis plusieurs semaines, notamment sur la question de la déchéance de nationalité.

Ça n'était pas arrivé depuis 1973, et la tentative de Georges Pompidou pour instaurer le quinquennat : François Hollande a finalement décidé de retirer son projet de révision constitutionnelle avant même son passage devant le Congrès. Trop complexe, trop clivant, trop incertain.Les deux assemblées n'avaient déjà pas réussi à se mettre d'accord sur le contenu du texte , en particulier sur la question de la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour actes de terrorisme. Les députés voulaient appliquer la mesure à tous les citoyens français, les sénateurs la limiter aux binationaux. Irréconcilliables. L'efficacité de la mesure (que même Manuel Valls qualifiait de symbolique) sur les djihadistes était également très contestée.

Le président de la Républiquerejette en grande partie la faute sur l'opposition, dont il fustige "l'attitude" , "hostile à toute révision constitutionnelle".

► ► ► ÉCOUTEZ | Le discours de François Hollande justifiant son projet de révision et son retrait

Je l'avais fait en appelant à un dépassement des frontières partisanes. Je l'avais fait pour rassembler les Français. Je l'avais fait dans une période où l'épreuve était considérable.Il fallait qu'il y ait un acte qui puisse témoigner de ce que nous voulions faire ensemble pour agir contre le terrorisme. Je constate aujourd'hui, quatre mois après, [...] qu'un compromis paraît hors d'atteinte .

Aussi, j'ai décidé [...] de clore le débat constitutionnel . Mais je ne dévierai pas des engagements que j'ai pris au lendemain des attentats.

Le débat avait divisé au-delà même des portes des palais Bourbon et du Luxembourg. Difficile donc d'imaginer faire passer le projet via un référendum , l'autre possibilité offerte au président pour modifier la Constitution. Signe de la profonde confusion engendrée par le texte, Jean-Christophe Cambadélis a même présenté "les excuses" de la majorité aux Français après cet interminable débat.

Quatre mois qui auront fait "énormément de mal"

Le premier secrétaire du PS explique ainsi n'avoir pas su "convaincre la droite de voter ce projet". Une pique lancée à l'opposition et reprise par le patron des députés socialistes, qui accuse lui aussi la droite de "dérobade". Ecoutez Bruno Le Roux :

La notion de déchéance de nationalité avait aussi beaucoup déçu le monde associatif, et notamment SOS Racisme. Pour Dominique Sopo, son président :

Cette séquence de quatre mois aura fait énormément de mal à toute une série de personnes bi-nationales, visées en fonction de leurs origines.

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