Au cours d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat lundi, Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'un référendum sur l'introduction d'une référence à l'environnement dans l'article 1er de la Constitution française. Si l'idée est approuvée par l'Assemblée nationale et le Sénat.

 Emmanuel Macron a ouvert la voie lundi à la tenue d'un référendum sur l'introduction de la défense de l'environnement dans la Constitution, au cours d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat
Emmanuel Macron a ouvert la voie lundi à la tenue d'un référendum sur l'introduction de la défense de l'environnement dans la Constitution, au cours d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat © AFP / POOL / Thibault Camus

"Une fois de plus, il prend son risque" se réjouit un marcheur. Le risque du vote sanction d’un référendum transformé, après l’été, en une répétition générale à quelques mois de la présidentielle. Droite et gauche dénoncent déjà un "gadget" "une écologie bling bling", rappelant que la Charte de l’environnement a déjà été intégrée à la Constitution en 2004. Lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé qu'un référendum serait organisé pour intégrer la défense du climat et la préservation de l'environnement dans la Constitution, si cette réforme était adoptée par le Parlement. "Ce sera une réforme constitutionnelle en un article" qui "doit d'abord passer par l'Assemblée nationale puis le Sénat et être votée en des termes identiques. Ce jour-là, elle sera soumise à référendum", a déclaré le chef de l'État en conclusion d'une rencontre avec la Convention citoyenne pour le climat. 

S'il se concrétisait, ce référendum serait le premier à se tenir en France depuis 2005, qui avait porté sur la Constitution européenne et vu la victoire du "non".  Le recours au référendum pour "introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique" dans l'article 1 de la Constitution est inclus dans les 149 propositions faites par les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat.

Marquer l'Histoire

Dans ce même article premier, son prédécesseur Nicolas Sarkozy avait intégré en 2008 l’égalité femmes-hommes. Le chef de l'Etat replace ainsi le climat au cœur du débat, offre une issue à la Convention citoyenne post crise des "gilets jaunes". Emmanuel Macron y voit là un moyen de marquer l’Histoire.  

Emmanuel Macron espère aussi agacer les écolos, piéger Marine Le Pen toujours favorable au referendum et placer la droite face à ses responsabilités, car le Sénat peut tuer le processus. Une manière aussi pour lui de s’extraire de la crise sanitaire, de ne pas finir son quinquennat uniquement avec des vaccins et plus de dette. Tout en sachant que les deux seuls référendums rejetés par les Français avaient abouti à la chute de Charles de Gaulle et Jacques Chirac.

Mais pour que les Français votent pour ou contre cette modification de la Constitution, il faut d'abord, donc, que l'Assemblée et le Sénat s'accordent sur un même texte. 

Un "gadget", une idée "grotesque" pour l'opposition

À l'Assemblée, les marcheurs ont la main. Ils adopteront la proposition de la Convention citoyenne pour le climat relayée par Emmanuel Macron. Au Sénat, en revanche, c'est la droite qui est majoritaire. Le patron du groupe LR, Bruno Retailleau, n'a pas encore donné sa position officielle : "il faut que je prenne du recul, tout est ouvert", confie-t-il à France Inter. 

Aux yeux du député LR, Julien Aubert, cette modification de la Constitution est une mauvaise idée. Elle est même "grotesque". "Ça ouvre la voie à un contentieux terrible. Moi je pourrai attaquer la fermeture des centrales nucléaires comme inconstitutionnelle, puisque les centrales décarbonent l'économie !" 

Pour Olivier Faure, il s'agit là d'un "gadget". Le premier secrétaire du PS dénonce un référendum sans enjeu. "Si on vous demande si vous préférez une planète préservée ou une planète détruite par le réchauffement climatique, vous répondrez que vous êtes plutôt pour une planète préservée. Mais si derrière on ne fait rien et que le président Macron continue à détricoter ce qu'à crée la convention climat ça ne sert à rien."

"Un cadeau empoisonné pour l'écologie, car le débat ce sera pour ou contre Macron", conclu la présidente de Génération Ecologie Delphine Batho.

Thèmes associés